Peut-être que je suis trop capricieuse ?

Peut-être que je suis trop capricieuse ?

Et voilà, j’entame ma dernière semaine de formation et, on ne va pas se mentir, j’ai le seum. J’étais trop bien dans cette formation, c’est tellement génial d’apprendre. Mais paraît que les meilleures choses ont une fin et je dois désormais regarder vers l’horizon. Pas l’horizon immédiat puisqu’à peine le crayon posé, je voguerai vers l’autre bout du monde, littéralement. Mais sur le suivant : trouver un boulot. J’ai pas envie, je l’ai déjà dit. Pour 1000 raisons. Et j’en parle forcément avec mes thérapeutes car c’est un ÉNORME sujet pour moi. En majuscule, oui. Parce que je voudrais une belle vie. Et je me sens très capricieuse.

Femme capricieuse qui n'a pas envie de travailler
(c) Vitaly Gariev

Comme annoncé dans un article précédent, je profite de mon temps de chômage pour abuser des bonnes choses. Aka écrire et faire du sport, pour l’essentiel. Je me bute littéralement au sport actuellement parce que ça apaise mes tensions et paraît que c’est bon pour calmer les effets de la périménopause. Spoiler : non, pas vraiment. D’ailleurs, au moment où j’écris ces lignes, j’ai une bouffée de chaleur, ahah. Je me fais de gros plannings sportifs. Et ça implique une certaine souplesse horaire. Par exemple, lundi, j’ai pu attraper le cours de 17h25, celui de 17h vendredi. Parce que j’avais pas cours mais “révision” et vu que j’y passe mes soirées, je m’autorise ces séances de sport. A chaque fois que je chemine pour un cours de fin d’après-midi, je rumine : profites-en, ma belle. Quand tu bosseras, ce sera fini tout ça. Même pas sûre de pouvoir choper le cours de 18h, selon où j’atterris. Nul/20.

Parce que oui, plot twist nul : si je suis restée dans la dernière boîte de merde, c’est parce que, précisément, je pouvais faire mon sport. Je profitais de mon jour de télétravail pour attraper le cours de 18h du mardi et… celui de 17h25, le jeudi, quittant discrètement le navire à 17h. Ça compensait les jours où je finissais plus tard et je commençais très souvent avant 9h donc ça va. Pas de leçon de morale à base de “gna gna gna, et après, ça s’étonne de plus avoir de télétravail alors que ça abuse grave du système”. La question restera : qui abuse le plus entre cellui qui s’offre une débauche 1h plus tôt une fois par semaine où celleux qui se racontent leur vie tous les jours pendant 20-30 mn à la machine à café ? Et puis je pense qu’à partir du moment où mon travail est rendu à temps, je peux m’organiser un peu comme je veux. Bref.

Organiser sa vie avec des to do lists
(c) Seaview N.

En fait, au-dessus de motif flotte un job de rêve. Je ne vais pas en parler parce que ça semble plus qu’incertain. Du présentiel à 100% mais dans un bâtiment qui se situe… à 2 mn à pied de la salle de sport et moins de 10 minutes en vélo de chez moi. Un boulot qui me permettrait donc de gagner ma vie, retourner dej avec mon amoureux ou avec les anciens collègues qui seraient à moins de 10 mn en vélo de là. Qui me permettrait d’aller à la salle de sport faire quasi tous les cours que je veux. Et qui me permettrait d’avoir des side projects à côté. On reparlera de ce rêve une autre fois.

Mon hypno est au courant de ce poste. On en parle à chaque fois. Le problème, c’est que ce rêve transforme tout le reste en cauchemar. Je lui liste tout ce que j’y trouve de merveilleux puis soupire. C’est ça que je veux. Je ne veux pas galérer à aller bosser. J’ai pas envie d’acheter une voiture parce qu’un des pôles d’activité de la région est à plus d’une heure de transport de chez moi, quasi autant en vélo avec 80% du trajet sur les boulevards. Je déteste faire du vélo sur les boulevards. Les voitures respectent rarement le 50, c’est bruyant, ça pue, tu partages le couloir avec les taxis et les bus… qui respectent rarement le 50. Je vous jure, l’autre jour, j’attendais pour traverser ces mêmes boulevards, j’ai fait un gros pas en arrière quand j’ai vu le gros bus arriver à toute vitesse. Moi, je veux bien bosser pour gagner des sous mais pas sous n’importe quelle condition.

(c) CJ

Et je me sens merdeuse pour ça. Capricieuse. Je veux dire combien de gens font des métiers pénibles ? Ingrats ? Des métiers qu’ils n’aiment pas mais faut bien bouffer ? Et moi, je chouine parce que je risque de rater quelques séances où de jolis garçons à moitié nus me crient de lever la jambe plus haut et de courir et sauter plus vite ? Bon, en vrai, c’est au bike que ça crie le plus mais là, ils sont plus torse poil donc mon image “à moitié nus” ne marche plus. Bref, je me sens hyper capricieuse parce que oui, j’ai besoin de faire du sport pour ne pas péter un câble. Mais des salles de sport, il y en a potentiellement partout. Même avec de l’aquagym. Je sais que je m’adapte. Lors de mon dernier taf, je bossais super loin, dans un quartier où il n’y avait rien pour s’acheter à manger à portée de pattes. Vite fait un Aldi, un jap’ et une boulangerie franchement dégueu. Mais aller à ce boulot, ça voulait dire 50 mn de vélo A/R sur un trajet avec de vrais pistes un peu éloignées des voitures. En hiver, je traversais la Garonne en matant de sublimes levers de soleil. Au printemps, c’étaient les couchers de soleil qui illuminaient mon trajet. Et puis comme je faisais moitié vélo, moitié tram, j’avais aussi du temps pour lire ou écrire. Dans mon quartier de boulot, j’avais trouvé un petit parc où faire un petit tour le midi.

Mais quand même, j’ai pas bien envie. Et je me fais l’effet d’une petite fille capricieuse. Oui, Nina, tu n’as pas envie de renoncer à ton petit confort et à la vue d’épaules super bien dessinées mais dans la vie, on fait pas toujours ce qu’on veut. Et là mon hypno intervient. Elle aime pas trop quand je me lance dans de la flagellation. “Non mais attendez, on arrive à un âge où ça suffit les conneries. Vous avez le droit de vouloir un équilibre entre votre vie pro et votre vie perso. Je trouve même ça très sain”. Je ? Tu veux dire que je ne suis pas trop capricieuse ? Que j’ai le droit de vouloir des choses pour moi ? Que la vie (pro) peut être autre chose qu’un long sacerdoce ?

Escalier de phare

Et bien, nous étudierons ça une prochaine fois.

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