J’ai testé pour vous : le cours de bike

J’ai testé pour vous : le cours de bike

Elle commence fort, cette année 2026. En trois jours, j’ai été déjà une fois au cinéma et testé un nouveau cours de sport : le bike. J’aurais dû mettre “aller 12 fois au cinéma” dans mon bingo 2026, erf. Un début d’année tonitruant pour moi alors que la chute du monde dans l’ère sombre semble encore s’accélérer. Mais parlons plutôt de mes cuisses et de mes fessiers. Et des croyances militantes.

Faire du bike à la salle de sport
(c) Intenza Fitness

Ma salle de sport dispose d’un logiciel pour réserver les cours d’aqua-quelque chose. Seul cours “sec” qui nécessite une inscription : le bike. Soit monter sur un vélo et faire des routines sur de la musique très forte pendant 45 mn. Ouais, pas pour moi. Déjà, j’aime pas bien le vélo. Ensuite, le cours a lieu dans une pièce sombre. Je n’aime pas la sensation d’espaces confinés. Avec de la musique forte. Je n’aime pas le bruit et, en plus, vu qu’on est dans une pièce fermée… et en trois, j’aime pas l’odeur de sueur. Cf pièce fermée. Non, vraiment, je ne le sens pas. Sans parler du fait que je doute de tenir la distance.

Ah, voilà le vrai truc. Hé oui. Je fais genre “c’est tout noir et ça pue” mais c’est pas ça, le souci. Le vrai truc, c’est que je suis persuadée que je ne vais pas tenir. Par exemple, le cours de body combat, j’ai moyen géré, j’avais un peu envie de vomir par moment. Et dire que je vais devoir y retourner dans quinze jours parce que je vais être interdite de piscine pour un mois, nouveau tatouage oblige. Après, j’y retourne aussi parce que : si je ne fais pas de sport, j’ai pas d’énergie. Mais surtout : ça me plaît pas l’idée de pas performer dans un truc.

Cours de fitness collectif
(c) Gabin Vallet

Bref, le bike, j’avais décrété que ce n’était pas pour moi. Et puis la salle a rouvert le 02 janvier. Génial, me dis-je, y aura personne. L’occasion de tester un nouveau cours accessible via mon abonnement. Le bike, quoi. Oui, j’ai pas accès à l’aquabike qui fait l’objet d’un abonnement supplémentaire et vu que je suis au chômage, on verra ça plus tard. Je regarde sur l’appli. Effectivement, cinq inscrits sur vingt-huit, bonne occasion de tester.

Samedi 11h35, me voici à la salle pour un cours à 11h45. J’ai pris soin de ne pas prendre mes appareils auditifs comme ça, pas de soucis avec la musique trop forte. Et en plus, j’enchaîne avec un cours d’aquagym donc ça évite que je trempouille mes appareils. Oui, ils sont waterproof mais au prix du truc, on va éviter de faire n’importe quoi. Déjà, j’arrive un peu grognonne car j’ai mal dormi. Mon mec est malade donc ça a ronflé dur. Et quand il a enfin arrêté de ronfler, le chat s’est mis à piouter. Laissez-moi ! Donc je m’apprête à souffrir. En prime, en entrant à la salle, j’ai entendu Julien crier et vu Ludo passer.

Chat grognon

Point prof à la salle. Il y a trois profs titulaires et au moins deux profs en freelance. Que je n’ai jamais donc revenons sur les trois titulaires : Ludo, Lucas et Julien. Sur les trois, Ludo est la “brute”, celui qui te fait cracher tes poumons. Lucas doit consommer trop de RedBull vu qu’il saute partout, tout le temps, oubliant que, nous, on n’a plus l’énergie de nos 20 ans. Et Julien qui est assez high level aussi mais ça va. Même si c’est lui qui gère les cours de body combat qui font vomir.

Donc si Julien est en train d’animer un cours fitness, que Lucas est à la piscine, qui va animer le cours de bike ? Ludo. Ah ben, c’est officiel, je vais crever. Je me rends à la salle où il fait environ 15° alors que je suis en T-shirt et choisis un vélo de façon random. Enfin, random, j’en ai pris un avec la selle la plus basse. La salle est sombre, comme attendu, mais plus spacieuse que je ne pensais avec plusieurs rangs de vélo en escalier. Ah, j’aime bien. Bon, les jours où il y a du monde, ça doit vite chauffer mais là, ça va.

Cours d'aquagym
(c) Nelka

Je me pose sur mon vélo et commence à pédaler mollement en mode “je sais parfaitement ce qu’il faut faire”. Les participants commencent à arriver et voilà le prof. Et c’est Julien. Ouf. Il nous salue, s’installe, et commence à pianoter sur son téléphone, tout comme la fille devant moi. Ah merde, j’avais pas eu le mémo, mon téléphone est resté au vestiaire. Ah non, le cours commence. Julien nous regarde et affirme “c’est bon, tout le monde a déjà fait du bike”. Oui, je fais entre trois et six cours par semaine, il connaît ma trombine. Sauf que non… Je me manifeste, il vérifie mon vélo. Il hésite sur le guidon, la fille à côté de moi que je croise parfois en cours d’aquagym me conseille de le monter pour être plus à l’aise. Ok, faisons ça.

Et c’est parti. Il n’y a pas d’horloge dans la salle donc impossible de savoir où on en est. De toute façon, j’ai mal dormi, la reprise la veille après 15 jours de glande a été difficile. Je n’en attends rien. La musique est forte, Julien crie par-dessus. Ouais, j’ai bien fait de pas prendre mes oreilles. Une question me traverse : est-ce que les profs de sport ont des cours pour apprendre à placer leur voix ? Non parce qu’à crier toute la journée comme ça, le soir, ils doivent avoir la voix toute cassée. Du coup, est-ce que lae prof de sport est le compagnon ou la compagne idéal·e des gens qui n’ont pas envie de parler le soir et aiment le silence ? Question subsidiaire : est-ce que les profs de sport en salle sont de bons clients pour les prothèses auditives ? 

Coach sportif
(c) Graham Mansfield

Bref, c’est parti pour pédaler. Le cours de bike joue sur trois éléments. D’abord la position : assis, debout, plus ou moins couché sur le guidon. Oui, y a un exercice où il fallait faire des pompes sur le guidon, d’où le plus ou moins. Ensuite la vitesse, on va pédaler plus ou moins vite selon la musique et la phase active ou récup. Et enfin la résistance. Chaque vélo est équipé d’une mollette de résistance. Tourne à droite pour en ajouter, tourne à gauche pour en enlever. Ainsi, selon ce que l’on veut travailler, renfo ou cardio, on va la faire tourner.

C’est parti. Un cours de 45 mn, c’est environ huit chansons. Dont deux pour l’échauffement. Ça gère tranquille, pas d’effet jambe lourde que je peux avoir parfois en début de cours. On pédale. Assis, debout, penche-toi, sprinte ! Je… j’aime bien. J’aime bien être dans la semi-obscurité et voir le prof accroché à son guidon nous crier des consignes, ça a de la gueule. On dirait un prédicateur sur sa chaire. J’adore les chaires.

Trois chansons, quatre chansons… “Il nous en reste deux”. Ça passe vite et à la fin du cours, je suis galvanisée. C’était trop bien. Alors certes, j’ai pas chopé direct l’histoire de la mollette donc il m’a peut-être manqué un peu de résistance au tout début. Mais c’était bien plus facile que ce que je pensais. Pas si facile parce qu’à la fin de quelques sprints, la dame devant a lâché des “aaaaah”. Même la fille à côté de moi, sportive au vu de ses muscles, a lâché un gros soupir de soulagement. Mais j’ai tenu sans difficulté. Et même, j’ai réalisé que c’était carrément fait pour moi le bike.

Vélos communistes
(c) Amari Shutters

Vous savez quels sont les sports que j’aime ? Les sports où je suis “tenue”. Ou allongée. Ceci n’est pas une vanne kinky même si ça pourrait. Le truc, c’est que j’ai peur de la chute. Et je n’ai aucune confiance en mes bras. Donc typiquement, le yoga, je gère la fougère dans tous les exercices d’assouplissement ou ceux au sol. Par contre, tout ce qui implique un équilibre, c’est délicat. Le guerrier 3, ça commence à flageller, le danseur, je maîtrise quasi pas. Quant aux positions sur les bras genre le corbeau, j’ai jamais réussi à les passer… sauf dans l’eau ou en hamac yoga. Parce que je suis tenue.

C’est pas pour rien que j’adore l’aquagym : risque de chute à zéro. Idem pour le hamac yoga. Une fois que tu as passé l’appréhension initiale, tu te lâches. Je suis tenue. C’est pas pour rien non plus que je rêve d’avoir des cours de bungee fitness à Bordeaux. Et la, le bike, c’est pareil : je suis tenue. Mes pieds sont enserrés dans des sangles et le guidon me retient. A partir de là, c’est l’éclate.

Pédale de vélo
(c) Anton Savinov

Je suis donc ressortie de là, galvanisée. Oui, je reviendrai. Je réalisai alors que je n’avais pas testé ce cours jusque là à cause de mes croyances limitantes. A savoir :

  • -De toute façon, je suis pas bien résistante, je n’ai pas d’endurance.
  • Et puis je suis nulle en vélo, on le sait tous.

Alors sur ce dernier point, considérant que je fais tous mes trajets en vélo parce que j’ai moins la flemme de faire du vélo que d’attendre le tram, déjà, ça se discute. J’en suis même au point où je prends mon vélo pour de courts trajets si la balade à pied n’est pas folle. Ok, je suis définitivement une cycliste. Une cycliste nez au vent, certes, mais quand même. 

Et même sur l’endurance. Ce n’est pas que je suis pas endurante, c’est que je panique au premier tiraillement en me disant que je ne vais pas tenir. Je panique oui, j’ai choisi le mot à dessein. La plupart du temps, j’arrive à la fin des cours de fitness quels qu’ils soient sans broncher, sans faire de pause au milieu. Des fois je triche un peu, genre je mets les genoux pour les planches. Cf ma confiance quasi inexistante en la puissance de mes bras. Là, au cours de bike, il est possible que les pompes se terminent sur ma poitrine posée sur le guidon malgré les “la poitrine doit rester éloignée de votre guidon”. Oui bah pardon mon petit Julien mais moi, j’en ai beaucoup, c’est pas ma faute…

Cours de bike, fitness
(c) Munbaik Cycling Clothing

Et puis au pire, quoi ? De un, il fait sombre. De deux, personne ne me regarde pour me juger. Le coach me regarde pour me corriger, le cas échéant. Pas pour se dire que je suis nulle. Et même si quelqu’un se dit que je suis nulle et bah… je l’emmerde ? Je veux dire, chacun sa vie. Moi, mon but quand je vais à la salle de sport, c’est de me défouler. De galvaniser mon énergie. D’essayer de transformer mes bras macaronis en un truc un peu plus robuste. Pas de me moquer des gens. Que je ne regarde pas la plupart du temps. En aquagym, je me mets devant, en pilates, je ferme les yeux. En bike, je regarde par terre ou droit devant moi. Et en body combat, j’essaie de ne pas vomir. Quoi qu’en body combat, si, je regardais la fille devant moi. Pas pour me moquer mais parce qu’elle était carrément trop forte. 

Bref, le bike m’a rappelé que j’avais deux croyances limitantes à dégommer pour faire ce dont j’avais envie. De un, je ne suis pas aussi nulle que ce que je pense. Je dis ça pour le vélo ou le bike mais ça marche pour plein de trucs. De deux, j’ai néanmoins le droit d’être nulle. C’est pas grave. Si ce que je fais me fait du bien, c’est tout ce qui compte. Et si vous trouvez légitime de vous moquer de quelqu’un à la salle de sport… déjà, ça m’étonne que vous ayez lu l’article jusqu’ici vu qu’on partage zéro valeurs mais surtout… vous n’avez pas mieux à faire ? Genre du sport, pour commencer ?

Cours de sport
(c) Geert Pieters

Bref, le bike, c’est cool. Zéro courbatures aux cuisses, fessiers ou abdos. Juste un petit piquement sur la paume de la main parce que je suis en mousse et que j’ai presque chopé une ampoule. Et j’ai hâte d’y retourner. En espérant que ça puisse arriver cette semaine car au moment où j’écris ces lignes, mon mec est malade et moi, j’ai un peu mal à la tête et des courbatures dans le haut du dos. Gasp.

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