Nouveau départ, un besoin de le marquer

Nouveau départ, un besoin de le marquer

Me voici de retour de mes vacances de rêve, malgré quelques complications de type “un dictateur orange a décidé de lancer une guerre la veille de notre départ”. Tout est bien qui finit bien, sauf pour mon livret A, je reviens donc pleine d’énergie et c’est l’heure d’un nouveau départ. Un concept que j’adore !

(c) Priscilla Du Preez

Pourquoi j’aime le concept de nouveau départ ? Parce que c’est une promesse. Celle d’une autre vie, heureuse et meilleure. Oui, pour moi, la nouveauté est toujours positive, que voulez-vous. Ado, j’adorais le jour de la rentrée des classes. Parce que ça allait satisfaire une curiosité. Qui seraient mes profs ? Quel serait mon emploi du temps ? Y aurait-il un joli garçon dans ma classe qui pourrait faire fondre mon coeur ? Ensuite…  L’intérêt se tassait. J’avais parfois hâte de démarrer une nouvelle matière, attendant une épiphanie professionnelle. Chaque année, du moins au collège, on remplissait une fiche où on nous demandait ce que l’on souhaitait faire plus tard et j’ai quelque fois répondu que je voulais être prof de “nouvelle matière que je n’ai pas encore découverte”. Genre un jour, j’ai répondu que je voulais être prof d’allemand. Alors que c’est une langue que je n’ai jamais vraiment maîtrisée.

La nouveauté m’a toujours excitée. Parce qu’elle est un toboggan fun pour mon imagination. De fait, la routine m’ennuie. Je l’ai déjà dit, je suis atrocement nulle en instant présent. Moi, je vis dans une réalité alternative qui s’appelle “mon futur imaginaire”. Ce qui, au passage, nourrit mes angoisses. Oui, je travaille sur mon anxiété depuis un an avec une hypnothérapeute et j’ai réalisé récemment que ce qui m’angoisse, c’est le futur un peu lointain. Concrètement : en décembre, j’étais angoissée pour mon exam de fin février. Mi février, je n’avais plus aucune angoisse sur le sujet. Parce que je m’étais bien préparée ? Oui mais surtout, plus le temps passait, plus ça devenait concret et moins mon imagination avait d’espace pour s’exprimer.

Le toboggan de la vie

Me voici donc à l’aube d’une nouvelle vie : le chômage. Alors j’ai déjà écrit sur ma vie de chômeuse en début d’été mais ici, la donne n’est pas tout à fait la même. Déjà, cet été, je n’avais pas à chercher de job puisque j’entamais une formation en septembre. Là, c’est le grand plongeon dans l’univers moisi des annonces bidons et des silences radio. Oui, j’ai pas attendu aujourd’hui pour commencer à chercher et c’est rude. Bref. Mais surtout, je suis riche d’un nouveau savoir, la data analyse, et d’une nouvelle confiance en moi. Franchement, je me suis fait dégager un peu salement en mode “t’es trop chère pour une junior”. Même si Robert est un con et qu’il a insulté l’intégralité des collègues qui sont partis, même si je suis la première à admettre que j’en avais rien à faire de ce job et que je ne m’y appliquais pas du tout, ça pique. Ca pique parce que c’est difficile de s’auto-évaluer. Surtout quand on est très angoissée et qu’on rentre facilement dans un tunnel d’auto-dépréciation.

Là, j’ai brillé. J’étais dans les meilleures. Et ca fait un putain de bien. On pourrait discuter du fait que j’ai besoin du regard d’autrui pour me donner de la valeur ou d’un coup de tampon sur un papier mais là, je m’en fous. Je me sens valorisée et puissante, c’est tout ce qui compte. Et elle est là, l’énergie du nouveau départ. Cette nouvelle force. Bon, on sait très bien que si dans deux mois, j’ai pas trouvé de job, je serai roulée en boule dans mon lit à pleurer que je suis une petite merde sèche sans intérêt mais là, c’est pas l’énergie. Là, je déborde de projets, d’envie de faire, de progresser. J’ai plus d’un an d’ARE devant moi, je devais profiter de mon chômage pour accomplir des choses. Ca n’empêche pas de chercher activement un job, hein, ça permet d’alléger un peu la pression. Parce que trouver un job alors que le dictateur orange a décidé de jouer aux échecs façon pigeon et plante le système mondial, c’est un peu tendu. J’ai donc décidé que, moi, je mettrai en œuvre tous les moyens pour trouver un job mais que je ne me reprocherai pas un manque éventuel de résultats. 

(c) Susanna Marsiglia

Donc nouveau départ. Et on va concrétiser ça avec une nouvelle routine, pour changer, mais aussi une nouvelle couleur de cheveux. Ca me démange depuis quelques temps. Et le fait de voir mes tempes blanches cruellement mises en lumière dans les salles de bain d’hôtel ces trois dernières semaines m’a bien encouragée sur cette voie. J’ai pas encore choisi ma future couleur (j’oscille entre roux et brun) mais un petit coup de frais dans mes cheveux, ça me redonnera un petit coup de peps. Parfait pour les entretiens.

Se teindre les cheveux en rose
(c) Laura Adai

Nouveau départ, trois, deux, un… go !

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