Croyance limitante n°1 : le travail ne peut m’épanouir

Croyance limitante n°1 : le travail ne peut m’épanouir

Si vous me suivez depuis longtemps, ici ou ailleurs, vous avez dû noter que je n’avais pas une relation très épanouie avec le monde du travail. Je ne sais pas bien pourquoi, ça doit s’analyser, ça. Mais le fait de bosser dans un milieu assez toxique doit pas mal expliquer. Quoi qu’il en soit, j’ai acquis l’idée que le travail, c’était juste un moyen de gagner de la money. Pas besoin de chercher l’épanouissement, c’est un mythe. Sauf que là, je suis à un tournant. J’ai décidé de changer de voie et pour réussir mon coup, va bien falloir que j’envisage la possibilité que le travail peut m’épanouir. Et c’est putain de dur.

M'épanouir au travail : impossible ?
(c) Patrick Tomasso

Je suis pas très chanceuse au travail

Faut dire que si je devais résumer ma carrière professionnelle, ça pourrait ressembler à ceci : chaque fois, j’ai fui un environnement toxique en espérant avoir trouvé mieux. A chaque fois, je me suis plantée. C’est notamment le cas pour les trois dernières lignes de mon CV. Je quitte une manager toxique, je tombe sur pire. Je quitte une boîte qui ne ronronne plus, je tombe chez un annonceur qui trouve tout le monde nul. J’ai pas encore raconté mais vous allez adorer. Et là, je tombe dans une boîte qui semble bienveillante, où les gens sont très sympas… Mais qui a pour seule politique managériale le déni. Du coup, j’ai battu le record en démissionnant au bout de trois mois et demi. J’ai un gros trauma là-dessus. Sur ce dernier taf, avant même de commencer, je me disais “ne t’attend à rien, tu vas forcément être déçue”. L’attitude de perdante… ou de réaliste, au choix.

Je voudrais juste du calme

Lors de mon premier échange avec ma coach emploi, il y a des choses qui m’ont touchée et d’autres où j’étais là “oui, bof, moi, je veux juste me sortir de là. Je cherche pas un métier où je serai épanouie”. Déjà parce que je refuse l’injonction à un travail épanouissant et surtout, je vois bien que c’est partout la merde. Oui, aussi incroyable que ça puisse paraître, j’ai des amis dans d’autres secteurs d’activité. Et le monde du travail, c’est un peu comme la vraie vie : t’as des boomers qui sont accrochés aux meilleures places et refusent de la laisser à la génération montante. Alors même qu’ils sont totalement largués. Le problème des managers-moules*, c’est que pour garder leur place, ils n’hésiteront pas à rabaisser leurs subalternes pour les casser dans leur confiance en eux et les faire plier. 

Mon avenir pro en rose ? Je ne crois pas, non

Ma coach me peint donc mon avenir pro en rose, je le barbouille aussitôt de noir. J’aime pas le monde du travail. Il est malveillant. Alors même que les gens ne sont pas tous des ordures, hein. J’en ai rencontré, des gens mauvais. Des gens qui s’en branlent vraiment de vous briser. Vanessa ou Michel, par exemple. Le PDG de ma précédente boîte. Et d’autres qui font juste ce qui peuvent pour surnager dans le flot. Quitte à vous piquer le bout de bois sur lequel vous vous étiez accroché. Chacun privilégie sa propre survie. Et voilà. Dès que je parle boulot, j’ai un vocabulaire extrêmement dur. Naufrage, survie. Et en même temps, comment changer de prisme dans une société qui considère que le travail est une valeur ? Que ceux qui ne jouent pas le jeu sont des feignasses. Alors que pour ma part, autant je n’aime pas le monde du travail, autant j’aime travailler. Sur des sujets, j’aime produire. Vous sentez la différence ?

S'épanouir au travail
(c) Thought Magazine

Il va falloir y croire. Un peu

Cependant, j’en arrive à une contradiction fondamentale qu’il va falloir que je règle. Je ne peux pas me lancer dans un bilan de compétence avec enthousiasme et sincérité si je n’envisage pas un instant pouvoir m’épanouir dans un nouveau métier. Mon paradigme initial est simple : je veux un boulot pas trop mal payé qui me permet un équilibre entre vie pro et vie perso. Je peux te donner mon temps de 9h à 18h les jours ouvrés, donne-moi mes soirées et mes week-ends. Et quand je dis donner, je parle aussi de fatigue, d’énergie et de sérénité mentale. Mon boulot actuel, par exemple, outre qu’il m’impose de travailler régulièrement soir et week-end, ne me lâche jamais. Je sors de deux semaines intenses et je me réveillais en pleine nuit, obsédée par tout ce que je devais faire, voyant la fenêtre de Google Ads Editor danser sous mes paupières. Niveau sommeil réparateur : 0/20, would not recommend. Et je suis dans cet état là alors que j’ai officiellement démissionné. Je ne veux plus jamais ça, plus jamais. 

Low expectation

Mais mes attentes restent basses. Un peu comme à l’époque de mon célibat où j’allais parfois sur les applis de rencontre par pur ennui. Pour “entretenir la machine”, comme le travail entretient mon compte en banque, en quelque sortes. Et pourtant, après quelques années de galère, je l’ai trouvé, mon partenaire de route bien chouette. Avec lui, j’ai découvert tant de contrées, proches ou lointaines. Avec lui, je suis partie vivre à Bordeaux où je suis heureuse comme jaja. Du coup, si ça a marché pour ma vie perso, ça peut fonctionner sur ma vie pro. Je peux être épanouie là-dedans. Je peux ? 

Travailler dur
(c) Hunter Matthews

Petits pas à petits pas

J’arrive pas encore à l’accepter mais je commence par la stratégie des petits pas. Pas 1 : trouver un boulot qui n’empiète pas sur ma vie perso. Pas 2 : trouver un boulot où je suis globalement contente. Peut-être que le pas 3 sera : un boulot où je serai épanouie. Mais déjà, être contente, ça me suffit. Ce serait déjà tellement plus que ce que je vis depuis des années.

 

* rapport à la moule accrochée à son rocher

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