La Lune de miel ou plus dure sera la chute

La Lune de miel ou plus dure sera la chute

Quand ma vie ne me convient pas, j’opère des changements. Minimes ou gigantesques mais je cours après cette vie rêvée. Manger mieux, dormir mieux, vivre ma vie en toute énergie. Et parfois, je tente un nouveau truc. Un nouveau rythme de vie, un nouveau sport, un nouveau régime… et au début, c’est génial ! Une vraie Lune de miel ! Je suis heureuse, bien dans mes baskets. Ainsi donc, c’était si simple ? Bah oui… mais non.

L'enthousiasme de la lune de miel
(c) Tim Mossholder

La nouveauté, c’est toujours fou

Essayer de trouver son rythme, tester de nouvelles choses, c’est bien. Si on a les moyens de le faire, ce serait idiot de s’en priver. C’est ce que j’ai ressenti avec le miracle morning, par exemple. En trois jours, je m’étais abonnée à plein de groupes Facebook pour parler avec tous ces gens de cette merveille de la vie. Bon, je trichais un peu, je ne me levais qu’à 6h. De quoi faire un cours de D8 sport, écrire un peu dans une brume d’huiles essentielles et faire le café. Puis aller réveiller mon mec à 7h15. Ah, quelle douce vie. Bon, les groupes, ça m’a vite blasée la course à l’échalote de qui est le meilleur, le plus appliqué, le plus à fond… et ceux qui sont ennuyés parce que bon, la méditation ou la rédaction d’un journal, ça les branche moyen. Oui, c’était bien cool mais ça n’a pas duré. Aujourd’hui, je me lève à 6h30 mais je pars quasi 45 mn plus tôt qu’avant, à l’époque pré Covid. La Lune de miel est terminée et, je dois vous l’avouer : j’aime bien dormir, quand même.

C’est bien quand c’est neuf

Pourtant, c’était si bien quand j’y repense. Enfin non, juste au début. Quand c’était tout neuf. Pareil pour un régime. La première semaine, quand tu recales tes fesses dans un jeans que tu avais planqué au fond de ton placard pour oublier que tu ne rentrais plus dedans, tu chantes la vie. Ohlala, je caresse enfin du doigt ce rêve fou d’être mince ! Sauf que si j’ai perdu rapidement, arrive le deuxième effet kiss kool : la stagnation, la lassitude et le ras-le-bol de la privation. Bah oui. Quand on se lance dans un changement, on a d’abord l’enthousiasme, le goût de la nouveauté mais une fois cette dernière disparu, il reste quoi ?

Tester en douceur

Attention, je ne dis pas que tout changement est voué à l’échec, pas du tout. C’est une question d’équilibre. Au début, donc, l’enthousiasme écrase littéralement tous les inconvénients, c’est la fameuse Lune de miel. Mais une fois cette phase terminée, si le coût d’engagement est trop élevée, le changement va finir par péricliter. C’est l’histoire de n’importe quel régime restrictif. Au début, on se nourrit de pommes en se disant que, waouh, c’est simple et ça marche si bien. Au bout de trois semaines, vous jurez de ne plus jamais manger une compote de votre vie car vous n’êtes plus capable de poursuivre. Le jeu n’est pas d’adopter un changement à tout prix mais de le tester et de voir s’il s’intègre bien dans notre vie. 

Monodiète aux pommes
(c) Stepan Babanin

Faites tous comme moi !

Et observer les choses en modestie. Quand on teste un truc qui marche, on a tendance à vouloir en parler à tout le monde. Moi la première, hein ! J’ai voulu écrire un article sur le jeûne intermittent alors que j’ai jamais réussi à l’appliquer. Je repense avec nostalgie à mon no more lunch que j’ai lâché parce que je mange à la cantine de mon nouveau taf. C’est pas mal, y a quasi pas de choix, c’est reposant… Parce que oui, y a ce qui marche et ce qui marche et s’intègre bien à nos vies. Oui parce qu’à propos de marche, j’avoue qu’entre la pluie et le masque obligatoire, je ne marche plus du tout… Bref, filez la recette de ce qui nous convient, pourquoi pas mais n’oublions pas : au début, c’est toujours génial. C’est après que ça se complique.

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