Suis-je légitime ?

Suis-je légitime ?

Si je devais choisir une notion pour définir mon année 2021, ce serait “me confronter à mon syndrome de l’imposteur”. Non parce qu’en ce moment, je mène deux quêtes : vendre mon livre Green ! et chercher un nouveau travail parce que là, au bout de 7 mois et 10 jours, je sature. Et puis Bordeaux m’appelle. Seulement, à chaque fois que j’ouvre ma bouche sur mon livre ou à chaque CV que j’envoie, une petite voix dans ma tête me titille. Suis-je légitime ?

Suis-je légitime ? Se cacher dans son T-shirt
(c) Chase Fade

Quelle légitimité ai-je de parler écriture ?

J’ai un projet. Ouais, encore. Pour ancrer mon statut d’autrice (auto-publiée), je veux créer un Instagram dédié à l’écriture. En vrai, le compte existe déjà mais j’ai que deux abonnés. Mon mec et… mon PDG. Ca gâche pas du tout le plaisir… Je commence un peu à réfléchir à ce que je pourrais faire mais voilà la petite voix ! “Mais t’es qui pour donner des conseils ?”. Oui. Après tout, je n’ai que mon expérience et j’ai même pas réussi à me faire publier par une maison d’édition à compte d’éditeur alors bon… Sauf que je fouille et je trouve des vidéos Youtube de jeunes femmes qui sont autrices sur Amazon et créent du contenu pas mal intéressant comme Christelle Lebailly. Suis-je moins légitime qu’elle ? Non, nous avons chacune nos expériences et c’est une bonne démarche de partager. On sait jamais, ça peut aider quelqu’un. Après tout, qu’est-ce qui fait la légitimité ? En terme d’édition, j’ai lu des livres publiés par des “vraies” maisons d’édition vraiment chiants ou mauvais. Et des auto-publications vraiment de qualité.

Je n’ai aucune légitimité dans mon métier

Pour le travail, c’est pareil. Depuis des années, je me dis que je devrais lancer mon blog marketing digital histoire de me faire un petit personal branding (avec un d, j’insiste). Ca peut m’aider pour trouver un boulot à Bordeaux, par exemple. Mais je maîtrise pas tous les bails et j’ai peur de dire une bêtise. Sauf que bon, quand je vois les consultants en consulting dire de la merde toute la journée sur LinkedIn… Surtout que c’est pas comme si ça faisait 14 ans que je bossais et que j’avais toujours une très bonne image auprès de ceux avec qui j’ai pu bosser. Mais celle qui doute toujours, c’est moi. Un exemple très précis : je suis actuellement “head of” comme on dit et je me dis “non mais on doit se dire que je suis trop jeune et pas légitime pour ce poste”. Genre si je me compare à Hyacinthe… qui a 3 ans de moins que moi. Ou ma cheffe qui est plus jeune aussi… Mais comme j’oublie que j’ai 41 ans, j’ai juste la sensation d’être une usurpatrice.

Déstabilisée par la moindre remarque

Je tremble tellement à chaque fois que je fais genre que je peux surréagir très violemment. Quand j’ai posté une photo de mon roman sur Instagram, une personne mal intentionnée m’a jeté un “ah ouais, encore des bouquins bons pour le pilon !”. Quelle violence. En gros, l’édition traditionnelle charriant suffisamment de romans, pourquoi je tue des arbres avec mon histoire dont personne n’a voulu. Alors il se trouve que cette personne est particulièrement malveillante et agresse tout le monde sur les réseaux sociaux mais sur le coup, je me suis demandé pendant quelques instants si elle n’avait pas un peu raison… Alors que bon, moi, je ne veux pas tuer des arbres, juste les photographier. Ce qui n’est pas le cas, au demeurant. Je veux juste tenter un truc, essayer de porter ce roman auprès de gens qui ne savent pas que j’existe car cette idée m’enthousiaste. Enfin, en espérant qu’ils aiment, quand même. 

Green ! de Nina Bartoldi au parc de Vincennes

Tout est finalement relatif

En fait, la légitimité ne veut rien dire en soi. Sauf pour tout ce qui est militantisme, laissez parler les concernés. Et écoutez-les, surtout. On peut tenter des choses en toute modestie. Partager ses tentatives, ses idées, sans les balancer d’un ton docte de celui ou celle qui sait tout et n’a pas besoin de se reposer sur ce qu’il a énoncé. Par exemple, là, je vous partage mes idées pour faire de l’auto-promotion. Volume 1. Quant aux CVs… envoie ma fille. Il est vraiment temps de lancer une nouvelle saison de journal d’une démissionnaire, la saga plus épaisse qu’une encyclopédie.

 

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