Procrastinatrice, moi ? Checkons mon journal d’accomplissement

Procrastinatrice, moi ? Checkons mon journal d’accomplissement

Je suis la reine de la flagellation. En toutes circonstances, je suis là “oh non, je n’en ai point assez fait”. Cela fait quelques années que j’essaie de remédier à ça en travaillant sur trois points : mon rythme de vie, mon alimentation, mon sommeil. Parce qu’une vie ne me suffira sans doute pas pour remplir toutes mes ambitions et que je cours après l’énergie vitale. Sauf qu’en fait, des choses, j’en fais déjà beaucoup. Trop ? Pour m’en convaincre, j’ai mis sur pied un journal d’accomplissement.

Journal d'accomplissement
(c) Emma Matthews

Bujo, to do ou journal d’accomplissement ?

Depuis le début de la gangue il y a huit mois, je cherche à faire fortune bon coeur et à être prolifique. C’est magnifique, être prolifique. Ecrire les trente romans que j’ai en tête, faire mon paper art, mes perles hama, mes photos playmo, de la cuisine… avoir une vie de slasheuse, en somme. En fait, le seul truc qui m’en empêche, c’est le travail… et ma procrastination. Combien de soirées à faire le caramel mou sur mon canapé, compulsant avec frénésie des comptes Instagram, regarder avec un peu de dégoût les vidéos de Petit Chef qui consiste à faire des dessert TRES sucrés. Non mais en fait, pour lutter contre mon addiction au sucre, il me suffit de manger un gâteau suivant l’une de leurs recettes et c’est réglé. Je serai écoeurée à vie. Bref, pour me remettre sur de bons rails, j’ai tenté le fameux Bujo, au résultat… ahem. J’ai conservé ma to do list sur Trello puis j’ai eu une idée : plutôt que de faire un bujo, je vais faire un journal d’accomplissement.

Qu’ai-je fait aujourd’hui ?

Le journal d’accomplissement marche de façon très simple : je liste ce que j’ai fait dans ma journée avec différents codes couleurs. Je différencie l’écriture romanesque, l’écriture d’articles de blog, la mise en ligne desdits articles, le sport, la cuisine, les relations sociales, l’administratif et le boulot. Tiens, c’est rigolo, j’ai listé boulot en dernier. Je ne liste pas tout non plus genre tout ce qui est hygiène ou lecture, pas plus que la vaisselle ou la cuisine de quelque chose de simple. D’autant que cette activité s’accompagne généralement de l’écoute d’un livre audio. Je marque un état d’avancement. Par exemple, j’avais prévu d’écrire 1200 mots de tel roman, j’en ai écrit 900, je le mets en jaune. Je me mets des étoiles dorés sur ce que j’ai surperformé genre j’ai écrit 2000 mots du roman. Et je note également mon humeur. Si j’étais fatiguée, en colère, sereine ou juste neutre, excitée…

Mes humeurs
(c) Lidya Nada

Quand ton humeur joue sur ta production

A quoi ça sert ? A deux choses. La première, c’est mettre en relation mon humeur et ma productivité. Par exemple, il y a dix jours, j’ai passé une très mauvaise journée car j’étais en colère après le boulot qui essayait de m’arnaquer sur du chômage partiel. Je n’ai donc rien fait de la journée. Rieeeeeeen. J’ai marché… en rond dans le salon en criant “mais ils me rendent dingue, aaaaah !”. De la même façon, quand je suis fatiguée, je tombe dans le rien. Là, ma nouvelle passion, ce sont des puzzles en ligne. Me suis bien niquée mes nouveaux yeux avec. Sauf qu’à un moment, je ne peux pas nier ma fatigue, je ne peux pas faire comme si elle n’existait pas. D’ailleurs, il faudrait que je note mes jours on/off rapport au boulot pour mesurer ma productivité car hello la charge mentale.

En vrai, je fais plein de truuuucs

Mais surtout, avec ma liste à la Prévert, le but est simple : illustrer le fait que je ne suis pas tant une procrastinatrice. Déjà, je crois que je déteste ce mot car il couvre des réalités bien différentes. La procrastination n’est qu’un symptôme de quelque chose de plus profond. Pourquoi je n’arrive pas à me mettre à cette présentation que je dois rendre dans quelques jours ? Parce que j’ai peur. Syndrome de l’imposteur… ou manager tyrannique qui va te jeter ton travail au visage en te disant que c’est “un torchon”. J’ai eu droit à ça de la part de Michel le toxique (parce que j’avais pas mis le logo de la boîte et laissé le quadrillage sur un excel). En y voyant de la pure procrastination, tu te dis “mince, c’est moi le problème” alors qu’en l’espèce, c’est ton manager toxique. Pourquoi je procrastine le soir sur le canapé ? Parce que je suis fatiguée. Alors que faire ? Se reposer, oui, mais en profondeur ? Ah, ce sont les deux heures de transport par jour qui m’épuisent. Je ne suis pas épanouie dans ma vie donc il va falloir trouver comment changer ça. J’aurai beau me traiter de feignasse, cette fatigue est réelle. Physique ou morale ? Là aussi, y a quelque chose à creuser, non ?

Multi activité

Déjà trop active ?

Mais surtout, je réalise que je ne fais pas rien. Quand j’étais allée voir mon hypnothérapeute, j’étais tout le temps en mode flagellation “il faudrait, il faudrait”. Ah, je vais vous faire un article sur ça, aussi. Il faudraiiiiit. A un moment, elle m’avait un peu grondée en mode “vous êtes une des personnes les plus actives que je connaisse !”. Je suis active, oui. J’écris une dizaine d’articles de blogs par semaine, je viens de terminer un roman, j’en ai cinq autres en cours. Je marche. Des fois je cuisine ou je fais des perles, des legos, tout ça. Alors si parfois, je gis sur le canapé en matant des photos d’inconnus sur Instagram ou que je fais des puzzles en ligne, qui me jettera la pierre ? Peut-être mon ophtalmo sur le dernier point, ok. Ce que je veux me prouver, c’est qu’à un moment, le souci n’est peut-être pas tant le temps perdu que le fait de faire une to-do trop ambitieuse qui ne prend pas en compte le fait que des fois, je suis juste crevée. Et que rien faire, c’est bien aussi.

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