Non coupables, haro sur les injonctions parentales

Non coupables, haro sur les injonctions parentales

Dans la vie, j’ai un ennemi : l’injonction. Bon et les trottinettes électriques, les scooters (surtout ceux à 3 roues), les automobilistes puis les cons en général mais c’est pas le sujet. Quelle que soit l’identité que l’on revêt, on nous blinde d’injonctions. Femme, tu dois être svelte, épilée, féminine, toujours jeune. Compagne, tu dois toujours être sexy et sexuellement disponible pour ton mec. Et lui préparer de bons petits plats et tenir ton intérieur nickel. Salarié.e, tu dois t’investir pour ta boîte et ne pas compter tes heures sinon on te jugera. Et quand t’es parent… fais tout bien sinon ton enfant sera traumatisé. Et ces injonctions de parents vont être disséqués avec humour mais sérieux dans le livre « Non coupables » d’Aude Sécheret et Vincent Joly.

Non coupables d'Aude Sécheret et Vincent Joly

L’éducation, ce truc où tout le monde a un avis

Alors non, cet article n’est pas sponsorisé et j’ai acheté ce livre volontairement. Un peu parce que je connais Aude, beaucoup parce que le sujet a titillé ma curiosité. Je n’ai pas d’enfants et je n’en veux pas mais j’ai un neveu et une nièce et mes amies ont tendance à se reproduire. Et en vrai, j’aime plutôt bien les enfants (sauf quand ils crient, le bruit étant ma kryptonite ultime) mais je refuse de mettre un nouvel individu sur cette planète. Les questions d’éducation et surtout de transmission me passionnent.  Mais en vrai, ce qui m’a intéressé, c’est ce côté injonctions et notamment le « comment on va te faire passer pour une belle merde si tu échoues ».

Aude et Vincent passent donc en revue les différents conseils des chantres de la parentalité positive. Ils décortiquent le discours, soulignant les totales contradictions de certains auteurs qui vous disent blanc en page 18 et noir en page 52… du même livre. Et pour vous déculpabiliser, ils mettent en scène une maman imparfaite parfois confrontée à des crises du quotidien. Et qui échoue à appliquer à la lettre les milliards de conseils prodigués par toutes ces happy mums qui ont trouvé le secret des enfants sages.

Le stress de la parentalité positive

Même si je n’ai pas d’enfants, la parentalité positive me stresse. Je vois souvent passer sur les réseaux des parents très « Montessori » ou assimilés qui affichent leur éducation parfaite et leurs enfants sages. Quand je vois les terreurs qui vivent chez ma soeur, je suis intriguée. Quand ces mêmes parents louent l’incroyable intelligence de leur descendance alors qu’au même âge, le tien mange du sable… Y a de quoi vriller. Moi, ça m’arrive par rapport à mon neveu et ma nièce… alors qu’ils sont même pas à moi ! En fait, la parentalité, c’est la plus vicieuse des compétitions. J’ai l’impression qu’on veut toujours avoir l’enfant le plus sage, le plus intelligent, celui avec le meilleur mot… On étale donc le moindre fait glorieux de nos chenapans, mettant à mal la confiance d’autres parents finissant par se demander si les leurs sont bien normaux. Et qui aime bien exploiter les failles narcissiques des gens ? Les éditeurs, le marketing, la télé… enfin, tout le monde, quoi. 

L’arnaque des méthodes miraculeuses

Non coupables m’a un peu remis les pendules à l’heure sur cette perfection inatteignable et toutes les méthodes révolutionnaires, inratables. Du coup, si tu échoues, c’est toi la petite crotte. Yapluka comme on dit. Parce qu’on parle parentalité mais tout ce coaching s’applique à tous les pans de notre vie. Prenez n’importe quel bouquin régime, on vous explique que là, pour de vrai, c’est la méthode miracle. Impossible d’échouer et vous serez mince toute la vie, vous kifferez manger des brocolis cuits à l’eau et le sucre vous dégoûtera. Je veux bien que certaines choses marchent, je suis pas dans un rejet total. Mais ces méthodes ne prennent pas en compte les contextes. Etre patient et pédagogue avec ses enfants devient compliqué si vous avez passé une grosse journée pourrie et que vous êtes fatigués. Bien sûr, se “défouler” sur ses enfants c’est mal. Mais Non coupables va vous rappeler d’entrée de jeu une chose : si vous étiez un parent malveillant, vous ne seriez pas en train de lire ce livre. Ni aucun sur la parentalité. Alors libérez-vous de cette injonction du parent parfait. 

Les pleurs d'un enfant terrible

Bref. Si vous cherchez un livre à offrir à vos amis parents à Noël, ma recommandation est claire : Non coupables. Moi même, je vais l’offrir à Anne, ma meilleure amie du sud.

 

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