Insoutenable perfection

Insoutenable perfection

Nous sommes le 06 janvier et niveau bonnes résolutions, je ne suis pas au top. J’ai quand même lancé mon blog Dystopie hier, allez lui faire un coucou, abonnez-vous à Facebook, Twitter, blablabla. Bon, je pourrais dire que je ne suis pas aidée par la grève qui m’impose une routine chiante à base de trois heures de transports quand je fais l’effort d’aller au bureau. Par mon mec coincé du dos qui me donne quelques tâches supplémentaires. Qu’il fait moche et puis tout ça. Mais le vrai frein, c’est la perfection. Je vous explique.

Perfection
(c) Jonathan Hoxmark

Difficiles démarrages

En octobre, je décide qu’à partir de novembre, ce sera jeûne intermittent en semaine. Le concept est simple : j’arrête de manger le soir. J’en ferai un article complet quand je serai rôdée et que j’en verrai les bénéfices… ou non. Le truc, c’est qu’avant de commencer, j’ai regardé what mille vidéos et j’ai eu tort puisque je me suis retrouvée noyée dans des dizaines de conseils parfois contradictoires. Déjà, ils me disent tous de sauter le petit-dej et j’ai vraiment douté mais si j’ai choisi de sauter le repas du soir, j’avais mes raisons. Mais surtout, je découvrais que je ne pouvais quasi rien boire et surtout pas du bouillon. Damned ! J’ai donc acheté des tisanes de légumes au goût imperceptible qui me frustraient et j’avais du mal à tenir. Et puis est arrivée Chloe Bloom.

Pas besoin de tout faire à la perfection

Si vous suivez un peu les coachs de vie en ligne, vous avez dû tomber sur elle. Alors vous connaissez mon avis sur l’holistique, je ne suis vraiment pas en phase avec ça. Maiq sur le jeûne intermittent, elle explique ne pas prendre de petit déj mais se faire des latte. Elle s’est fait reprendre deux ou trois fois par sa communauté et a donc recadré ainsi “non mais ça va, c’est pas 5 calories qui vont casser mon jeûne, on n’a pas à tout faire parfaitement non plus”. Et là, ça a fait tilt. Elle a raison, Chloe ! Je peux boire du bouillon si je veux, c’est même pas 10 calories le grand bol ! Et peut-être un jus de carotte. Ca ne va pas enclencher une digestion, faut arrêter deux secondes, aussi. 

Boire du bouillon le soir

Le renoncement à la perfection, c’est aussi Coline dans une vidéo sur son écologisme et le fait qu’elle a un peu lâché l’affaire sur deux ou trois trucs parce que bonjour la charge mentale. Ah la charge mentale ! Ma grande amie. Parce que oui, la perfection, ça vous rajoute une charge mentale de malade. Je sais pas si vous fréquentez des groupes Facebook sur des sujets un peu bien-être, écologie et tout ça mais ATTENTION si vous faites le moindre faux pas, tous les ayatollah du “moi, je fais les choses par-fai-te-ment et si c’est pas ton cas, tu es un horrible être humain” vont vous tomber violemment dessus. Wow ! Du coup, on a tendance à vite laisser tomber. J’ai lâché le miracle morning parce que parfois, je me loupais et “à quoi bon, blablabla”. J’ai eu du mal à me lancer dans le jeûne intermittent car “non mais les bouillons, c’est non, c’est que des truc pourris dedans”. Alors oui, je dis pas mais… franchement, c’est pas grave.

Ou tu fais bien ou tu fais pas… vraiment ?

Ce qui est terrible quand on veut tenter un truc, c’est le manque d’encouragement. Tu fais pas le truc bien alors laisse tomber ! Mais enfin, est-ce qu’il vaut mieux ne pas faire “un peu” plutôt que pas du tout ? N’a-t-on pas le droit d’essayer, de tâter le terrain pour trouver notre équilibre, sans que ceux qui ont expérimenté il y a dix ans et trouvé leur juste milieu viennent nous expliquer qu’on fait mal ? Je ne suis pas opposée à la critique, qu’on me présente des alternatives mais vous pourriez le faire sans agressivité ou condescendance ? J’ai parlé plusieur fois du Miracle morning, je suis toujours effarée par ceux qui appliquent les SAVERS à la lettre alors que ça leur convient pas. D’ailleurs, le Miracle morning n’est pas pour tout le monde, wake up. Perso, si je le reprends, ce sera une vingtaine de minutes de yoga du matin, un peu d’écriture et basta. Parce que ces deux choses sont les seules raisons qui me feraient lever plus tôt, avoir le temps de les réaliser. Je ne dis pas que les SAVERS, c’est nul. Je dis juste que ça convient très bien à l’auteur du livre, pas forcément à tout le monde.

Meditation
(c) Sage Friedman

Mon pire juge : moi

L’impératif de perfection, c’est aussi notre nous impitoyable qui nous l’impose. On imagine le petit ange et le petit démon pour illustrer nos dilemmes. J’en rajoute un troisième : la punitrice. Celle qui me fouette quand je fais un pas de travers et va me culpabiliser pendant des heures. Bouh, t’as pas fait ton jeûne et t’as mangé des sushis à la place ! Oh, t’as traîné au lit plutôt que de te lever faire ton sport. Bouh, tu prends encore l’avion alors que la planète brûle. Tu es une ratée, un déchet ! Elle est horrible, cette voix. Sauf que, à un moment, il faut choisir ses imperfections. Oui, je prends l’avion mais j’ai pas de voiture individuelle. Je prends des longs courriers et je choisis le train dès que je peux. Pas juste parce que je préfère . Je suis désespérée de voir un jour une offre de trains inter capitales européennes. On a renoncé à nos destinations mystères cette année pour arrêter les courts et moyens courriers. Je pourrais en lister des trouzaines d’exemples comme ça. Des trucs où je me dis que je suis moyen en phase avec mes convictions. Sauf qu’il faut admettre qu’on ne sera pas parfait en toute circonstance. Et c’est pas grave.

Ca fait partie du lâcher prise. Ne pas chercher la perfection à tout prix, le 20/20 flamboyant. Donc ce soir, c’est bouillon et puis c’est tout. 

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