Etrange nostalgie

Etrange nostalgie

J’ai tendance à voir ma vie comme quelque chose de logique. Rien n’arrive par hasard et tout suit un enchaînement cosmique. Enfin, je dis cosmique mais c’est pas du mysticisme. J’ai une notion de grand tout décorrélé d’un Dieu, c’est plus mathématique. En gros, on a déroulé toute l’équation pour trouver le x. Je traque les signes avec gourmandise et optimisme. Ainsi, quand j’ai cheminé le premier jour pour mon nouveau boulot, j’ai pris un chemin que je connaissais autrefois par coeur. Un trajet qui a réveillé une étrange nostalgie. Et j’y ai trouvé une étrange synthèse de près de 15 ans de ma vie pro. Pour le meilleur et, hélas, pour le pire.

Ciel d'automne à Paris, moment de nostalgie

Ce trajet en train qui allait devenir quotidien

Fin janvier 2005. Je me pointe à Paris pour passer un entretien pour ce qui allait être un premier pas de ma vie professionnelle parisienne. En point de chute : la coloc de ma soeur dans la ville de banlieue de Plume-sur-Berges. Pour m’y rendre, je dois prendre le train à St Lazare. Tout une aventure pour une provinciale qui n’a pas une carte de la région parisienne en tête et qui considérait le transilien comme une sorte de TER. Ce premier trajet en train, j’en ai un souvenir relativement aigu. J’étais très concentrée pour ne pas rater mon arrêt (qui était le 2e de la ligne, léger le challenge) mais il faisait nuit donc je n’ai pas vraiment savouré le paysage. Ce que je ne savais pas à ce moment de l’histoire, c’est que ce trajet allait devenir mon quotidien. Que quelques années plus tard, je vivrais même proche de la gare au nom rigolo qui se situait sur le trajet.

Un premier jour de taf hautement symbolique

15 septembre 2020. Premier jour de mon nouveau taf et tout a un goût de madeleine flinguée. Ayant le temps, je décide de prendre le train. Celui pris cette fin de journée 2005. Celui qui passe par la gare au nom rigolo à côté de laquelle j’ai vécu huit ans. Et que j’empruntais tous les matins pour aller au boulot avant le confinement comme ça, je marchais pendant trente minutes pour aller au travail, empruntant un chemin qui avait été le mien pendant deux ans. Car oui, le taf juste avant était situé dans la même rue que l’entreprise où j’ai travaillé de 2012 à 2014. Quant à celle de 2014, c’était l’ancienne entreprise de ma soeur, un bâtiment que je connaissais bien puisque j’étais allée la rejoindre là-bas quelquefois quand elle y travaillait. J’avais débuté mon contrat le 15 septembre 2014… Un 15 septembre, encore ? Oui et ce n’est pas n’importe quelle date non plus puisqu’accessoirement, c’est la date de naissance de ma nièce chérie, Pivoine. 

Tant de signes !

D’ailleurs, quand ma future cheffe m’a annoncé que je commencerai non pas le 14 mais le 15 septembre, j’y voyais encore un signe. Je venais d’atteindre une sorte de graal : un milieu que j’aime bien, proche du bien-être et du selfcare, un poste chez l’annonceur en plus et les gens ont l’air adorable. Vous vous souvenez la dernière fois que j’ai eu un super feeling en entretien genre “ohlala que ces gens ont l’air bienveillants, je vais être choquée de bosser dans une boîte qui respecte ses employés ?”. Avec Michel le toxique, oui, madame, oui, monsieur. Et quand je disais que ce taf était un résumé de mes derniers boulots… Et bien niveau toxicité des dirigeants, c’est du high level. Je vous raconterai quand je me tirerai de là mais en gros, j’ai l’impression d’être revenue chez Pubilon. La boîte qui m’a mise sous lexomil, ouais. Sauf que là, j’ai dix ans de plus et… j’en ai franchement plus rien à foutre. Je pille toute les connaissances que je peux et je croise les doigts pour qu’ils me dégagent au printemps. 

Au printemps, je retrouverai ma liberté

Dernier job parisien

Parce que je vois encore un signe. Oui, oui. Ce boulot est, dans le scénario du probable, mon dernier job parisien. Je l’avais pris en espérant qu’ils seraient ouverts à un full remote. Je dois y retourner deux jours par semaine en plein confinement parce que sinon, on bosse pas bien. Donc il n’y aura pas de full remote ou de quoi que ce soit. Mais c’est pas grave car il y a de chouettes boîtes à Bordeaux (coucou Cultura) et que je vais quand même être responsable acquisition e-commerce sur mon CV, c’est pas rien. Je me fais pas de soucis pour moi. 

Et puis je m’en fous

Mais voilà, je ne peux m’empêcher de ressentir comme une étrange nostalgie dans ce job. Je bosse dans un quartier où j’ai beaucoup traîné à mon arrivée à Paris, je prends des trajets que j’ai beaucoup fait en quinze ans. Et j’ai un condensé de toutes mes expériences négatives de job mais c’est aussi l’occasion de régler un peu tout ça. Il y a une quinzaine de jours, j’ai fait un rêve. Classic shit, je repassais le bac. D’habitude, quand je fais ce genre de rêve, je suis en panique totale car je ne sais plus rien… genre je dois repasser l’allemand alors que je parle plus un seul mot. Sauf Wiedervereinigung qui est un mot que j’oublie pas, sans trop savoir pourquoi. Je m’éclatais sur la première épreuve dont le sujet était “qu’est-ce que la mythologie”. J’ai trop joué avec mes Playmos divins, je pense. Et ensuite, il y avait maths et là, pour le coup, j’avais rien révisé mais… j’étais zen. Au pire, j’échouais. Et alors ?

Playmobil mythologique

L’occasion de régler mes traumas

Bref, je vous mentirais en disant que tout va bien, Madame la Marquise. J’ai tellement suffoqué de rage jeudi que j’en ai chialé et vendredi, j’ai failli vomir mes shokobons quand j’ai lu que mes deux jours de présentiels n’étaient en aucun cas une option. J’ai souhaité du mal au couple dirigeant genre un passage en réa avec intubation. Histoire qu’ils comprennent que, non, cette maladie n’est pas une blague et qu’il est inadmissible de mettre la vie de ses employés en danger juste parce qu’on leur fait pas confiance. Surtout que cette défiance n’est pas méritée… Mais comme je suis une forcenée à trouver des causes à toutes mes emmerdes, j’y vois l’occasion de me délester de tous les traumas accumulés durant mes quinze années de taf à Paris. Et un rappel de vite créer mon blog pro histoire de pas galérer en arrivant à Bordeaux

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