Body positive ? Commençons plutôt par la body neutrality

Body positive ? Commençons plutôt par la body neutrality

Cet été, j’ai pris une résolution : plus jamais les régimes, j’ai quasi 40 ans, mon corps est comme il est, fuck da police. A peu près. Sauf qu’aimer son corps, ça ne se fait pas sur un claquement de doigts, c’est un putain de boulot et remplacer une injonction par une autre, ce n’est pas tout à fait idéal. Alors en attendant de finir par aimer ce corps pas trop mal sauf le bidou (je dis bidou parce que bide, c’est le comble du moche comme mot), commençons déjà par l’accepter. Ici entre en jeu la body neutrality.

Neutrality body : vive les sensations
(c) Artem Beliaikin

La difficulté de l’éternel positive body

J’ai découvert cette notion de body neutrality un peu par hasard en glandant au boulot (je patauge toujours dans la gangue) et j’y ai trouvé une solution intéressante. Car ma phase body positive a un peu tourné court. Au début, j’ai trouvé cool de m’habiller sans me préoccuper de bourrelets disgracieux, de manger ce que j’avais envie sans me priver. Mais j’avais négligé un truc : la perception de mon corps est très liée à mon humeur globale. Quand j’ai décidé ça, il faisait beau et chaud (un peu trop). Je me baladais bras et jambes nues dans la ville en kiffant la caresse du vent sur ma peau. J’étais bien, je mangeais de la glace, je sortais mes plus beaux shorts.

Puis la gangue. Le mois d’août fut pénible, le mois de septembre est pire encore, à l’exception de nos 10 jours en Grèce. Faut que je vous parle du contraste entre mes vacances et maintenant, c’est le jour et la nuit. La gangue m’épuise, la gangue m’empèse… Littéralement parce que j’ai une flemme de ouf d’aller au sport et mon corps est devenu trop lourd. C’est assez psychologique, j’ai l’impression, la flemme, la flemme, la flemme. En fait, plus je suis résolue à vaincre la gangue, plus j’en suis victime… Il est possible cependant que je ne sois pas aidée par la fin de l’été, l’arrivée un peu rapide de cet automne gris.

On peut pas être toujours au top…

Du coup, il faut reprendre les choses avec douceur et arrêter de se dire qu’on adooooore son corps alors que là, pas trop. Ca arrive et c’est comme ça, on ne peut pas être au top tout le temps. C’est pour ça que la body neutrality me parle mieux car plutôt que de célébrer sa silhouette, la body neutrality accepte que parfois, nous n’aimions pas ce ventre rebondi ou la cellulite qui creuse nos fesses. Alors je sais que la cellulite est un complexe bien marketé comme il faut et la plupart du temps, je m’en fous bien mais ma résistance aux corps parfaits et lisses affichés partout n’est pas encore à toute épreuve. Surtout en ce moment où je suis franchement fragilisée par la gangue (et par une rhinite la semaine dernière). Il y a un cercle vicieux, là. Par contre, il y a un truc que la body neutrality peut m’apporter et qui m’intéresse : les sensations.

Aime ton corps pour ce qu’il te permet de faire

La body neutrality ne t’impose pas d’aimer ton corps, peu importe sa forme (parenthèse : en vrai, le body positivisme est un activisme, j’utilise ce terme en ayant conscience de le vider de sa substance politique et je m’en excuse). Par contre, il te conseille d’en kiffer les sensations et ça, c’est un grand oui. Vous savez pourquoi j’adore le yoga ? Pour la sensation d’étirement, pour sentir mon corps qui grignote millimètre par millimètre pour s’étendre au maximum. Et je suis malheureuse de ne pas trouver de cours de stretching de plus d’une heure parce qu’en vrai, c’est ça que j’aime plus que tout. Pareil, après une petite heure de salle, j’aime me sentir plus remplie d’énergie. J’aime me sentir aérée après une marche. J’aime sentir mon corps tonique et bondissant. Oui, j’ai souvent cette impression de telle légèreté, parfois, que j’ai l’impression que je rebondis à chaque fois, voyez. Je l’adore cette sensation. ET surtout, j’aime la sensation de bonne fatigue, mon corps qui me dit que j’ai bien dépensé aujourd’hui et que je peux aller me reposer.

Bonne fatigue, bon repos
(c) Benjamin Combs

Et du coup, je pense que ma reprise du sport doit passer par là. Peu importe les résultats et une perte éventuelle de centimètres ventraux, ce qui compte, c’est la sensation immédiate. Pareil pour la danse, d’ailleurs. Je m’en sors bien sur la partie danse de la comédie musicale mais je pédale de ouf sur le Ladyshock avec des meufs qui ont des niveaux stratosphériques par rapport à moi. Et bien… on s’en fout. Tant pis si je me trompe, tant pis si je suis moins bonne. Il faut que je m’amuuuuuse. Je dois juste remercier mon corps pour les bienfaits immédiats. Pas pour d’éventuels bénéfices ultérieurs.

Allez, promis, ce midi, je vais à la salle ! 

 

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