Inspiration ou plagiat ?

Inspiration ou plagiat ?

Qu’est-ce que tu écris ? Ecrire est une activité follement satisfaisante la plupart du temps, surtout quand les rouages sont parfaitement rôdés et que tu parviens facilement d’aller d’un point A au point Z du récit sans calage. Cependant d’où vient cette histoire que je suis en train de vous raconter ? De mon imagination fertile, tiens ! Sauf que l’imagination fertile, il lui faut bien du terreau pour qu’un truc pousse (ciel, cette métaphore moisie) et on peut se demander où est la limite entre l’inspiration… et le plagiat.

L'inspiration, pot sur la plage
(c) Yeshi Kangrang

Prenons par exemple quelques uns de mes écrits. A ma droite, Ofelia, roman abandonné qui ne se cachait pas d’être une réécriture de  Starmania. A ma gauche “Taylor Rent” (j’ai pas le titre définitif, je suis mauvaise en titre) qui est née de mon visionnage intensif de… pretty little liars. Alors oui, c’est référence de merde (non mais en vrai, elle est délicieuse cette série sauf les deux dernières saisons, je dirais). En regardant les deux premières saisons, j’avais décidé que ce serait génial si A. était en fait Spencer. Bon, ensuite, j’ai mélangé plein de trucs genre des émissions policières où une personne parle en français par dessus le témoignage original en anglais, un peu de trucs ados genre Heathers, Popular, 13 reasons why et peut-être même Riverdale. Il y a pas mal de Sharp objects, également (j’ai assez bien aimé la série, au passage). A l’arrivée, au bout d’une cinquantaine de pages, y a toujours rien qui ressemble à Pretty little liars… J’avais débuté un roman sur Lost, aussi, parce que j’étais trop agacée de voir ce qu’ils avaient fait du matériel de base. Mais est-ce que s’inspirer, c’est copier ?

La filiation des oeuvres

On va parler de deux oeuvres que je n’ai jamais lues ni vues : Twilight et 50 nuances de grey. Et l’univers des fanfics en général. Doooonc de ce que j’ai compris, 50 nuances de Grey est né d’une fanfic un peu olé olé de Twilight. Est-ce qu’elle ne devient pas, dès lors, une oeuvre à part entière ? Même si E.L James a d’abord inscrit son histoire dans un univers qui ne lui appartient pas, n’en a-t-elle pas fait une nouvelle histoire, totalement indépendante ? C’est tout le principe des fanfics, d’ailleurs. Et je trouve la démarche assez sympa. Je n’ai jamais écrit de fanfics en tant que telle car je crois que j’ai jamais été chaude pour reprendre des personnages ne m’appartenant pas. Pas par snobisme, hein, juste qu’en remodelant juste un peu certains personnages, je m’offre une plus grande liberté. 

Des guerriers en argile
(c) Ricardo Rocha

J’évolue dans une véritable piscine fictionnelle. Rien qu’en ce moment, je lis un roman sur livre papier (M de Bernard Minier, je vais avoir beaucoup de choses à vous en dire), la Reine Margot sur ma liseuse, Divergente en livre audio. En série, on vient de finir Jessica Jones, je viens de terminer Succession et Sharp Objects et je commence de mon côté la série Si je ne t’avais pas rencontrée tandis qu’avec Victor, on entame la saison 03 de the Handmaid’s Tale. On envisage par ailleurs d’aller voir Parasites au cinéma et je vous parle même pas de mon ambition de me relancer dans Final Fantasy X. Je suis accro aux histoires, à la fiction, il m’en faut tout le temps. A partir de là, est-il même possible d’envisager d’écrire une histoire 100% originale ? Même quand j’essaie, je me retrouve peu ou prou à écrire un roman qui existe déjà.

L’honneur d’inspirer une nouvelle oeuvre

En fait, je vais aller plus loin. Je trouve formidable cet élan d’écriture né d’une oeuvre de fiction. Je crois que si, un jour, ma prose sort du tiroir où elle est entreposée (abandonnée), j’adorerais que quelqu’un me dise “hé, ton roman, il a suscité un truc en moi et du coup, j’ai eu envie d’écrire une histoire similaire” ou corriger la fin que j’ai choisie, pourquoi pas. J’aime penser la création comme une sorte de cercle vertueux où l’on s’inspire tous, où l’on boit à la source des uns et des autres. Oui, je dis création car j’ai parlé d’écriture jusque là mais c’est bien plus large.

Les cercles vertueux
(c) Nicolas Ricca

Le tout, c’est d’assumer. Je ne doute pas que l’on se retrouve parfois à réécrire ou retourner un film qui existe déjà vu que ça m’est déjà arrivé MAIS faudrait voir à pas pousser mamie dans les orties. Le repompage est parfois si flagrant que ça en est franchement dérangeant, surtout quand la copie est flinguée par rapport à l’original (si vous ne connaissez pas Mac & me, je vous renvoie à la chronique Chroma sur le sujet). En fait, je crois que la différence entre plagiat et inspiration se situe dans la reconnaissance de cette primauté de l’oeuvre qui nous a donné envie de raconter l’histoire que nous sommes en train de produire. Le plagiat, c’est du repompage avec un peu de cosmétique pour que ça ne se voit pas trop (c’est souvent raté).

Pourquoi raconter une histoire ?

Mais y a pas que ça. S’inspirer, ok, c’est bien. Mais pourquoi ? Je veux dire, pourquoi saisit-on son camescope ou son clavier pour pondre une histoire ? Pour faire du fric et pour certains, ok, c’est vrai. Mais c’est pas ça mon point. Pour la part, j’écris parce que j’ai envie de coucher toutes les histoires qui vivent dans ma tête et je pense que c’est pareil pour la plupart d’entre nous. Sauf que c’est quoi l’intérêt de réécrire la même histoire ? Existe-t-il une gratuité dans l’écriture ? Est-ce qu’il ne masque pas un propos plus large ? Est-ce que finalement, la différence entre inspiration et plagiat n’est pas dans la pure intention ? 

La question est posée.

 

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