Faut-il tout expliquer ? Le cas Bird box

Faut-il tout expliquer ? Le cas Bird box

Quand on a pour ambition de raconter des histoires, on observe celle des autres. Quand j’aime un livre, j’essaie d’isoler pourquoi. Quand je n’aime pas, idem puisque comme dirait Karim Debbache, on a autant à apprendre d’un bon film que d’un mauvais. Donc j’observe : livres, séries, films… parce que tout peut être source d’apprentissage. Et c’est le cas de Bird box.

Bird box : Sandra Bullock et les enfants

Alors rapidement. Ai-je aimé Bird box ? Oui. Vraiment. Je vais en parler plus sur Citizen Bartoldi (oui, plus les vingtenaires, faut suivre) parce que j’aime bien le petit côté post apo. Mais en gros : Sandra Bullock impeccable, suspense bien dosé, les enfants pas agaçants du tout (j’ai souvent du mal avec les enfants dans la fiction car ils sont généralement insupportablement mal écrits), les personnages pas si caricaturaux alors même que nous avons à faire à des archétypes. Bref, regardez-le. Mais je veux vous parler d’un élément essentiel et attention, je vais un tout petit peu spoiler.

Le visage des créatures

Pendant le film, on sait qu’il existe des créatures qui poussent les gens à se suicider, il ne faut pas les voir sinon, c’est foutu. Et à aucun moment, on ne les verra. On est pourtant titillés tout le long du film, notamment par ceux qui peuvent les voir sans mourir et qui expliquent que “c’est magnifique”. Mais on ne verra rien. Et c’est absolument parfait. On avait eu un peu le cas avec Annihilation qu’il faudrait que je regarde car j’étais pas hyper attentive mais… Plus que parfait, courageux.

Quand on s’embarque dans une histoire, on s’attend à un début, milieu, fin, avec quelques rebondissements et surtout des explications dignes de ce nom. Donc ne pas délivrer l’explication ultime est un choix audacieux, à la base. Et en fait, c’était le seul choix possible. Tout comme l’épidémie zombie dans The Walking dead par exemple : pourquoi vouloir toujours tout expliquer ? Sachant qu’expliquer, c’est parfois décevoir, souvenez-vous des midi-chloriens dans Star Wars… Et dans Bird box, au vu du teasing sur les créatures… et bien je suis ravie qu’on m’invite à faire preuve d’imagination.

Trop d’explications nuit à l’univers

Car les oeuvres modernes, quel que soi leur support, ont tendance à tout expliquer. TOUT. De façon souvent mal branlée, d’ailleurs, tellement qu’on se dit qu’on aurait préféré ne pas savoir… En plus, en n’expliquant rien mais en créant suffisamment de suspense, tu peux tellement créer des hypothèses autour de ton oeuvre et faire en sorte que le spectateur/lecteur puisse être un peu plus actif, qu’il puisse s’approprier l’histoire pour en créer leur propre version. Bird box ne nous a pas montré les créatures ? A nous de les imaginer. La force est un concept un peu mystérieux, presque ésotérique ? A nous d’en imaginer l’explication. Idem pour l’origine de l’épidémie de The walking dead. Et c’est follement excitant, pour peu qu’on en fasse l’exercice, on peut même écrire des dizaines de fanfics dessus…

Du coup, je me dis que je devrais arrêter de toujours tout expliquer dans mes histoires. Là, par exemple, dans Technopolis nouvelle version (coucou la version originale est disponible ici), j’essaie de décrire la guerre qui fait qu’on en arrive à cette ville, sauf que… ben on s’en fout de comment le monde a sombré dans le chaos puisque ce n’est pas le sujet… Alors autant ne pas s’y arrêter !

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