Comment voyager sans culpabiliser ?

Comment voyager sans culpabiliser ?

On va poser un truc de suite : j’en sais rien, je n’ai pas la réponse. Cet article ne sera donc pas “hey, 10 astuces pour voyager sans culpabiliser” mais plutôt un “je fais comment avec ma dissonance cognitive ? »

voyager sans culpabiliser : abandonner l'avion ?

Le monde n’attend que moi

J’adore voyager, j’ai une boulimie d’ailleurs. Je ne suis jamais aussi heureuse que lorsque je découvre un nouveau lieu, que j’en prends plein les yeux. Que je m’extrais de ma vie quotidienne pour vivre “une aventure”. Entre guillemets car je ne suis pas sûre que l’hôtel étoilé entre dans la stricte définition d’aventure mais passons. L’idée même de voler quelques jours au train-train monotone me met instantanément de bonne humeur. J’ai la bougeotte et aussi un besoin de vérifier si les villes fantasmagoriques qui existent dans mon imagination sont réelles. Curieusement, de voir ces villes qui hantent parfois mes rêves ne m’empêchent pas de toujours rêver d’une Venise ou d’un New York fort étranges. 

 

J’envie parfois ceux qui font un tour du monde même si je n’ai aucune difficulté à admettre que ce n’est pas pour moi. Si on croque le monde d’un coup, que va-t-on faire du reste de notre vie ? J’aime regarder la carte du monde et voir tout ce que je n’ai pas encore fait, même si je ne suis pas sûre d’avoir le désir d’aller partout. Après, l’occasion faisant le larron… Bref, du Japon à Strasbourg, en passant par le Chili, Madrid ou la Cappadoce, le monde me tend les bras…

Découvrir le monde sans polluer ? 

Sauf que le monde ne serait-il pas un amant un peu toxique ? Enfin, non, pas lui en tant que tel mais l’envie de le parcourir, en long, large et travers. Jusqu’à il y a un an, je crois, je ne m’étais pas particulièrement posé la question de prendre ou ne pas prendre l’avion. Clairement, ce n’est pas mon moyen de transport préféré car en dehors des moyens et longs courriers, je trouve que je perds du temps. Je ne suis pas posée suffisamment longtemps pour réellement me plonger dans une activité. Le temps de faire la queue au guichet, à la sécurité, pour monter dans l’avion, sortir de l’avion, récupérer ses bagages… Pour peu que vous ayez décidé de regarder un truc sur votre ordi/tablette ou écrire sur un cahier, faut attendre la fin du décollage et tout ranger avant l’atterrissage… Bref, je commençais à réfléchir à éviter l’avion parce que c’est chiant. Et puis, effectivement, il y a eu toutes ces conversations sur la pollution engendrée par les avions et là, ça commence à faire son petit chemin dans ma tête.

Pas un modèle écolo mais…

Je ne pense pas (“je ne pense pas” comme “je sais parfaitement”) être un modèle écolo. Je fais attention à bien trier mes déchets, à éviter le suremballage, j’ai des culottes de règles pour éviter d’acheter tampons et serviettes. Et même pour mon anniversaire, Anne et ses filles m’ont offert des lingettes démaquillantes lavables, parfait. Mais je ne suis ni locavore ni végétarienne, à peine flexitarienne, je ne fabrique pas encore mes produits nettoyants ni certains de mes cosmétiques… et encore que, quand j’ai envie de me lancer, je lis qu’il faut de l’huile de coco dans mon déo mais que l’huile de coco, c’est recueilli dans des conditions qui laissent à désirer… Je reparlerai des injonctions contradictoires sur la vie saine, tiens. Bref, sans être un modèle de vertu écologique, je me pose la question de l’utilité de l’avion.  Sur des trajets longs, ça se révèle mieux que la voiture mais est-ce que je ne dois pas, à un moment, renoncer aux voyages lointains ? Bye bye Tahiti, l’Australie ou le Chili ?

J’aime le train… mais c’est compliqué

Ca fait un peu chier, d’un point de vue strictement égoïste. Il n’en reste pas moins l’Europe, allez ! Ah oui mas le rail étant de moins en moins mis en avant, tout devient compliqué. Prenez Paris-Copenhague. Selon Rome2Rio, mon site préféré, on met 1h45 en avion pour relier les deux capitales, 12h en voiture et… 14h en train ! Pardon ? Non mais faut avoir la conscience écologique solidement chevillée au corps pour choisir le rail, quand même… Même si on passe par Hambourg que j’aime d’amour. 

La campagne vue du train

Alors on fait quoi ? On prend deux fois plus de congés pour pouvoir faire ces trajets en train ? Notez que pour ma part, les trajets en train ne sont absolument pas un souci, je les aime vraiment. D’ailleurs, cet article est écrit en direct du ouigo qui me ramène à Paris. Ce qui nuit un peu à mon écriture vu que je regarde régulièrement les champs de tournesol au dehors. Sauf qu’à un moment, ça me fatigue un peu que ce soit toujours au citoyen de trouver une solution. Il faut faire des efforts mais  mettez plus de trains entre les capitales. Multipliez les offres de train grande vitesse (le moins polluant). Refaites du train un service public avec des tarifs abordables pour tous. Et calmez un peu les compagnies aériennes, aussi. C’est bien joli la concurrence mais on se retrouve avec des avions faisant la même route à quelques minutes d’intervalle et qui ne sont souvent pas pleins. 

Des efforts pour compenser ?

Du coup, comment voyager en toute conscience écologique ? Renoncer en se disant que les pouvoirs publics ne feront de toute façon rien et que le trafic aérien ne se réduira que lorsque les compagnies feront faillite ou que tout un tas d’avions seront cloués au sol pour risque de crash ? Faut-il se punir alors qu’on fait quand même des efforts ? Doit-on faire plus d’efforts pour compenser ? Ou devons-nous admettre qu’il ne peut y avoir ni alternative ni tricherie ?

En attendant, il paraît que l’arrivée à Venise en train est fabuleuse…

 

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2 Replies to “Comment voyager sans culpabiliser ?”

  1. Je suis bien d’accord sur le fait qu’il s’agisse aussi de problèmes d’infrastructures, or on ramène tout sur nos choix personnels… mais pour pouvoir voyager en train, encore faut-il une offre correcte, et là on assiste plutôt au démantèlement des services publics. Une privatisation qui nous dit-on va permettre de baisser les prix, sauf que c’est pas vraiment ça qui se passe pour l’instant (logique, les entreprises privées ciblent surtout les lignes les plus rentables. Et adios les petites lignes de province). On aurait tout intérêt à se mobiliser avant tout pour ça… Sinon moi aussi j’y cogite pas mal, je pense partir en vacances en Europe le plus possible et réduire mes déplacements plus loin. Mais encore faut-il ne pas avoir de famille ou d’amis chers à l’étranger, et il faut résister à la pression de l’entourage parfois aussi (par ex les potes qui veulent partir pas cher et qui te soulignent qu’effectivement, Ryan Air pour la Suède c’est quand-même super pas cher et pratique…)

    1. Ah mais j’enrage dès que je constate la galère que c’est de voyager en train (mon transport préféré) et ça va pas aller en s’améliorant. Ca fait des années que je lis des articles expliquant en long, large et travers que le train est le moyen de transport le plus propre mais non, on mise tout sur des bus polluants, on trouve de l’argent pour construire un aéroport inutile mais moderniser ou proposer de nouvelles lignes ? Nope !
      C’est intéressant ton point sur l’entourage. C’est vrai que j’ai la chance de voyager essentiellement avec mon cher et tendre qui partage mes interrogations. Mais j’ai beau plier mes calculs dans tous les sens, reste que pour un petit tour en Europe, on perd limite 2 jours en transport…

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