En toute intimité

En toute intimité

Je suis une collectionneuse. Pas de timbres, de pin’s ou de billes mais d’histoires, d’anecdotes. Des histoires vraies, des histoires que je me raconte aussi, dès que je spotte deux personnes qui semblent se rapprocher. Et puis y a les histoires que je vole en pénétrant malgré moi les sphères d’intimité.

De l'intimité relative dans le métro parisien
(c) Rosalind Chang

On vit une époque étrange où l’intime n’a plus lieu d’être : on s’exhibe sur les réseaux sociaux, on se raconte sur des blogs, des vlogs, on raconte nos incroyables histoires sur des podcasts. J’aurais du mal à réellement critiquer : j’ai des blogs (au pluriel) et les réseaux sociaux furent mon gagne-pain durant une décennie (et encore un peu). Et alors qu’on nous vend une société de l’hypertransparence, j’y vois toujours plus de secrets. La vérité n’est-elle pas dans ce que l’on ne montre pas ? Ne montre-t-on pas que ce que l’on veut bien que les autres voient ? Philosophique…

Capter des histoires sans le faire exprès

Mais quand je vous parle de pénétrer l’intime, je ne parle pas d’un bon vieux stalking des familles parmi des contenus labellisés “tout public” (comprenez “peut être vu par plus de deux personnes »). Non, je vous parle de cette plongée souvent involontaire dans la vie de parfaits inconnus par le truchement de leurs smartphones…

“Ah oui, les gens qui parlent fort au téléphone dans les transports, ça me fait hurler”. Moi aussi, surtout quand le mec gueule à 2 cm de mon oreille “C’EST ULTRA CONFIDENTIEL, T’EN PARLES PAS, HEIN !”. Alors deux possibilités : ou ce mec est d’une stupidité sans nom, ou il n’y a rien de confidentiel et peut-être personne au bout du fil et il se fait mousser. Et j’avoue que parfois, j’écoute, essayant de retranscrire le bout de dialogue manquant. Je me souviens de cette femme qui écoutait patiemment son interlocuteur/trice avant de finalement s’énerver. Je ne me souviens pas de tout (certainement quelque chose comme “tu cherches les histoires” à propos d’une relation amoureuse foireuse, je crois) mais j’étais un peu désappointée d’être arrivée à destination avant d’avoir le fin mot…

Ton intimité sous mon nez

Mais il y a plus insidieux. En France, que tu sois debout ou assis dans le métro, t’es un peu les uns sur les autres. Je sais pas trop sur quel cul ils ont calibré les sièges mais il me paraît pas standard surtout sur certaines lignes (ceux qui se sont déjà assis sur les quatre sièges de la ligne 3 savent de quoi je parle). Donc il se trouve que régulièrement, malgré nous, on se retrouve le nez sur l’écran d’un téléphone inconnu. Avez-vous remarqué que quand vous regardez une série ou un film sous-titré, vous lisez forcément le texte, même si vous parlez parfaitement la langue du film ? Donc forcément, vous vous retrouvez en spectateur indiscret, mais involontaire, d’une conversation SMS, whatsapp, messenger… Vous ne savez pas de quoi il s’agit, vous n’en saisissez que quelques bribes. Ludovic qui parle à la fille proche de vous d’une soirée et d’un dénommé Gaël qui doit les retrouver là-bas. Parfois, on découvre quelques mots croustillants. Rien de bien érotique mais des bouts d’histoires, des vraies histoires. Et quand l’échantillon est bon, y a de quoi broder.

Parce que j’aime ces petits impromptus. L’autre soir, en prenant le métro pour me rendre au théâtre (je me la raconte un peu, excusez-moi), j’ai découvert ceci :

Message personnel dans le métro

Mon Dieu, tant d’histoires je pourrais écrire sur ces quelques mots. Parce qu’au fond, l’histoire que l’on s’imagine est souvent bien plus exaltante que la réalité. Et ce bribes de mots, attrapés par accident, peuvent former une sorte de patchwork d’histoires.

 

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