Je déteste la mollesse

Je déteste la mollesse

Et c’est un défaut que je combats violemment chez moi. Je ne parle pas de la mollesse de mon bidou. Pensez bien qu’après une semaine d’excès, il s’est bien épanoui, le bougre. Non, je parle de mollesse générale. De cette sorte de langueur qui prend possession des gens, parfois. Une sorte de zombification sauf qu’au lieu de vouloir bouffer des cerveaux, les gens ont envie de s’étaler sur un canapé, un hamac, un simple fauteuil ou un lit. La mollesse nous menace tous.

(c) Alexas Fotos

J’ai une théorie ! Je considère que les défauts qu’on tolère moins chez les autres, ce sont en priorité ceux qu’on ne supporte pas chez soi. Moi, je déteste la mollesse. Je n’ai aucune tolérance pour les gens mous. Le pire truc qui puisse m’arriver, c’est de récupérer le management d’une équipe avec une personne molle parce que je vais être intransigeante avec elle. Enfin, non, c’est surtout que je vais manquer de patience. Je vais très vite avoir envie de la secouer. C’est la même avec les gens, au global. Je déteste me retrouver derrière une personne molle à la caisse. J’ai envie de lui crier de se dépêcher. Je dis bien molle et pas vieille. Je ne crie pas sur les vieilles dames qui ont du mal à bouger. Enfin, je ne crie sur personne en général mais voyez l’idée.

De la même façon, je suis immédiatement attirée par les gens énergiques. Ma coach emploi, je l’ai choisie parce qu’elle avait l’air dynamique et c’était ce dont j’avais besoin. Idem pour mon hypnothérapeute. En fait, il y avait sa photo sur son site et elle a des cheveux courts un peu redressés sur la tête, une coiffure qui donne une sensation de mouvement. Hop, adoptée. J’aime m’entourer de gens dynamiques parce que… j’ai l’impression qu’ils peuvent me sortir des risques de ma propre léthargie.

(c) Vitaly Gariev

Vous savez ce qui m’a le plus angoissée quand j’ai su que j’allais me retrouver au chômage ? La paresse. Pas la mienne, effective, mais celle que je me suis imaginée. Quand j’ai fait mon menu des activités cet été, on partait globalement sur un matin sport et un après-midi “occupations”. Et je craignais ces après-midis. Lors d’une visualisation chez mon hypno, j’ai vu le pire. Je me suis vue échouée sur le canap’ à scroller, scroller, scroller. Des vidéos à la con. Je veux dire, parfois, je tombe dans des abîmes de scrolling où je vais regarder des vidéos de gens qui travaillent de la fimo (jamais utilisé de mon côté) ou des compils de bébés mignons. Alors que j’en aurai jamais, moi, des bébés. Et que ce sont toujours les cinq mêmes. Ou des vidéos de gym alors que j’en ai jamais fait mais Youtube a l’air de penser que c’est mon kiff. Des sketches rigolos que je vais liker avant de voir le même réalisé par une autre personne. Encore et encore, dans une gigantesque repompée. Et à un moment, je vais m’arrêter avec juste la sensation d’avoir perdu mon temps.

Parce que pendant une heure, je n’ai rien fait. Et on sort le fouet de l’auto-flagellation. Je suis nulle parce que j’ai plein de trucs à faire et je ne les fais pas. Des trucs qui me plaisent potentiellement. Ça fait un an que j’ai de quoi tricoter un gilet, jamais commencé. Bon, là, y a une petite peur d’échouer, ok. Mais la peinture à numéro qui moisit depuis un an dans mon bureau ou les exercices de France IOI, là…

(c) Chase Yi

Bref, parfois l’indolence me saisit et, dans ces moments-là, je me haïs. Faut le dire à la québécoise, haïs, parce que j’aime bien. Vraiment, j’ai envie de me choper par les épaules et de me crier de bouger. Sachant que bouger peut signifier ici “Arrête d’être une flaque et va t’asseoir devant ton ordi pour faire un truc. Et pas un mini-jeu, hein !”. Alors oui, je sais. Avant de sortir le fouet, je pourrais me souvenir que les réseaux sociaux et autres mini-jeux sont précisément faits pour nous empêcher de décrocher. Que je ne suis pas la seule à avoir cramé une soirée sur Candy crush. Et, à la limite, on peut se demander pourquoi c’est plus mal de passer une heure sur Candy crush que sur un puzzle, par exemple. 

Alors je mets en place des stratégies pour éviter l’indolence. Je dois faire, je dois m’agiter. Typiquement, j’ai des trous dans mon cycle d’énergie. Concrètement, de 14 à 16h, je ne sers à rien. D’où la peur de l’après-midi de paresse. Je me dis que la solution, c’est de m’activer. Faire du sport. Encore ? Ouais mais un truc doux genre de la marche active. Juste histoire de relancer la machine. J’en avais parlé sur la phase down mais moi, j’ai une phase down quotidienne. De 14 à 16, voire 17h parfois. Ma phase indolente. Et peu importe mes activités en dehors de ce créneau, c’est lui que je retiens. A un moment, dans ma journée, je n’ai rien fait et, apparemment, c’est intolérable.

(c) Nasa Hubble Space Telescop

Je déteste la mollesse parce que je déteste ma mollesse. Et j’ai trouvé peut-être une solution… Peut-être que mon trou noir de productivité est dû à mon rythme de vie ? On voit ça une prochaine fois. 

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