Et si j’arrêtais le cynisme ?
Et si le cynisme était une sorte de maladie auto-immune de notre équilibre mental ? Ohlala, de suite les grands mots. Oui mais depuis quelques temps, je m’interroge. Je me suis pris quelques coups en 2025 mais je me relève, petit à petit. Avec l’aide de professionnels de la santé mentale, on ne va pas se mentir. Alors que je soigne mon petit esprit blessé, reste ce poids, immense : le monde du travail, c’est pas pour moi. Et de là découle un cynisme bien acide sur le monde du travail, ses managers incompétents, etc. Et si… c’était là ma principale erreur ? Je vous explique.
Le cynisme, c’est un peu rigolo
De base, j’aime le cynisme surjoué, le sarcasme. Parce que ça permet de caler quelques punchlines bien senties ou de créer un malaise. Voir de jeter une vérité malheureuse de façon un peu humoristique. Exemple :
“Ah, le boulot, en ce moment, c’est dur.
– Fais comme moi, fais-toi virer”.
Ou ironiser sur le fait que mes plans 2025 se sont effondrés car Robert, qui me trouvait formidable en 2024, me trouvait nulle à chier en 2025. Sans doute parce que le mec qu’il qualifiait de fumiste refusait de signer une rupture conventionnelle et avait un salaire moins élevé que le mien. Ah, non, ça, c’est pas du cynisme, c’est juste un fait.
La lose doit se rentabiliser
J’ai toujours eu cette volonté quasi farouche de rentabiliser la lose. Me dire que si de mauvaises choses m’arrivent, c’est sans doute pour me donner du carburant. Par exemple, quand j’ai découvert que ma boîte allait être rachetée par Robert et que j’ai découvert l’ampleur de la folie du Roi, j’ai cherché comment transformer ça en roman. En vrai, je me dis que je pourrais écrire un roman fleuve sur mes désastres expériences professionnelles en mode “niveau de jeu vidéo où je saute d’une plateforme qui s’écroule à une plateforme qui s’écroule, le seul répit étant parfois pendant la période de Lune de miel”.
Rien n’arrive par hasard
Donc je voulais travestir ma perpétuelle lose en roman. Histoire, sans doute, de renforcer ma foi en ce crédo “les choses n’arrivent pas par hasard”. Bah si, complètement. On croit que nous sommes sur la lignée d’un destin parce qu’on refuse de croire que tout n’est qu’absurde. Ou, pire, que nous ne sommes que la somme de nos choix. Et que donc nous en sommes là parce que nous n’avons pas pris les bonnes décisions. Faut que j’en fasse un article de ça, tiens.
Répondre à l’absurdité de la vie
Nous utilisons n’importe quelle arme pour faire face à l’absurdité de la vie. Certains se blindent de mantras vu qu’il y a une phrase creuse mais qui sonne bien pour toute situation. L’effet barnum à son maximum. Moi, c’est le sarcame. Puisque la vie n’a pas de sens, autant tout prendre à la blague. Après tout, je suis une personne qui a vécu, il y a plus de dix ans, une fin de période d’essai, une rupture amicale et une rupture amoureuse en à peine deux mois. Et quand ça allait mieux, je me suis cassé la jambe. Et puis quand ma jambe a été réparée, la grand-mère est morte. Un 24 décembre. Là, si vous le trouvez un mantra qui me console de cette année 2011 des enfers, je suis toute ouïe.
Car ce monde est absurde
A la limite, jouer la carte du cynisme pour calmer les angoisses et la peine de ce qui est déjà arrivé, pourquoi pas. On a les mécanismes de défense que l’on peut. Là où ça devient plus embêtant, c’est quand cet amour du cynisme finit par contaminer ta vision de la vie. Car du cynisme à l’aigreur, il n’y a qu’un pas. Je sais pas si vous connaissez Le télétravailleur ? C’est l’exemple parfait du cynisme en punchline. C’est très drôle mais plus je le regarde, plus je sens l’aigreur de son personnage se mâtiner de méchanceté. Ce côté où tu clames tellement que tout le monde est con et la vie n’a aucun putain de sens que tu finis par l’admettre totalement. Alors certes, j’ai dit plus haut que la vie est absurde par essence mais il y a une différence entre se lever le matin et se dire qu’on va essayer de passer une bonne journée et se lever en criant qu’on a hâte que tout s’effondre. Parce que ce serait la meilleure Happy end pour notre société ultra-capitalisme où il faut désormais une pièce en plus dans la maison pour stocker toutes les merdes à trois euros en plastoc fabriqués par des enfants à l’autre bout du monde. Bon par contre, vouloir sortir du cynisme ne veut pas dire fermer les yeux sur ça, hein. Juste on n’en fait pas un ressort d’ironisation.
Ok, c’est la merde mais essayons de ne pas se laisser contaminer
Peut-être que ce serait une idée pour 2026, ça, virer Bisounours. Un vrai effort mental parce que bon, je dis que j’aime jouer la carte du cynisme mais comprenez que je ne me force pas particulièrement. Mon cynisme, ce n’est pas une posture. C’est l’expression de ce que je pense. Surtout sur le monde du travail. Sauf que j’ai bien capté qu’en ayant une vision noire et aigre du monde, je ne me fais pas avancer. Je ne fais rien avancer. Mon cynisme me pousse à croire que, de toute façon, tout est foutu. Que les dés sont pipés. Que je ne serai jamais heureuse et épanouie dans un boulot car je fais partie d’une minorité de genre et que j’ai beau être la fille de mes parents, je ne suis la fille de personne dans le milieu dans lesquels j’évolue. Oui, ok, le népotisme, les boy’s club, tout ça, c’est factuel. Mais arriver au boulot en ruminant ça ne m’aide pas. Je subis le monde du travail, ce qui me rend malheureuse et me coûte une blinde en suivi psy.
Un travail qui s’annonce compliqué
Alors voilà. Je ne sais pas du tout comment faire mais je vais essayer d’être moins cynique. D’avoir une vision un peu moins acide du monde. Me rappeler que la solidarité existe, par exemple. Que les études démontrent que l’Humain n’est pas tant un loup pour l’Humain. Quant au monde du travail… Là, ne me reste qu’une croyance superstitieuse qui me dit qu’après avoir subi des boîtes de merde durant 18 ans, la routourne va tourner. Ouais, je suis pas prête à ne plus aller voir mes professionnels de santé, moi… Oups, cynisme spotted.



