Catane, la cité aux deux visages
Deuxième jour en Sicile et déjà, le planning ne sera pas respecté. Initialement, nous devions partir à la conquête de l’Etna, aperçu la veille depuis Taormine mais il reste couvert. Et surtout, c’est devenu très cher de monter. Alors payer très cher pour avoir la tête dans les nuages… Moi, j’ai ça un peu gratuitement tous les jours, de toute façon. Victor n’avait aucune envie d’y aller, moi, je l’avais déjà fait. Donc au menu : farniente puis cap sur Catane, à quelques minutes en voiture. Mais un peu trop loin à pied. Oui parce que si j’avais eu le choix, j’aurais laissé Christine au parking.

Une matinée à glander
Bref, commençons la journée à chiller en bord de piscine. Assez peu de serviettes abandonnés sur les transats, la joie des vacances de septembre. C’est un truc qu’on fait assez peu, ça, chiller, pendant les vacances. On l’avait un peu fait lors de vacances en Camargue avec une journée de bord de piscine à Saintes-Maries de la mer mais sinon… Victor me fait remarquer que c’est bien, aussi, de ne rien faire. Et je lui promets que l’été prochain, on se prendra une semaine en resort à glander sur des transats ou sur la plage toute la journée.

Une ville dont j’avais un bon souvenir
Bref, glande, glande, glande puis à un moment, on finit par se motiver et c’est parti pour Catane. J’avais plutôt un bon souvenir de Catane que j’avais visité avec Zenobie douze ans plus tôt. J’en avais un bon souvenir essentiellement parce qu’on y était allées par praticité et non par réel intérêt et nous avions été agréablement surprises.

La voiture ne rentre pas dans le centre historique
Alors qu’en fait, Catane, c’est compliqué. C’est vraiment une ville à deux visages mais commençons par le commencement. Après avoir trouvé facilement à stationner dans un parking payant à l’entrée de la vieille ville… Ah oui, petit point voiture en Sicile qui peut servir. Grosso merdo, vous pouvez difficilement circuler, et donc vous garer, dans les centre-villes qui sont soumis à des règles spéciales. Vous entendrez sans doute parler des ZTL, zones à trafic limité. En gros, si t’es pas riverain, tu ne peux y circuler qu’à certaines heures. Après, moi, je ne conduis quasi jamais, je ne sais plus faire les créneaux donc je choisis toujours l’option parking. Bref, on se gare donc à quelques pas de la grande porta Uzeda. Juste derrière se cache une grande place où nous allons trouver la Cathédrale Santa Agatha, la fontaine de l’éléphant et une autre petite fontaine, limite un peu planquée, avec toujours des mecs qui glandent devant. Toujours.





Une sainte martyre
Cette place ainsi que la suivante, celle de l’université, ont plutôt fière allure. De beaux palazzis, de beaux monuments. Evidemment, nous entrons à la découverte de Santa Agatha. L’île de Sicile compte deux saintes patronnes. Agatha à Catane et Lucie à Syracuse. Lucie est assez connue dans l’iconographie religieuse car elle s’est arrachée les yeux pour échapper à un mariage dont elle ne voulait pas. Mais ça va, la Vierge lui en a donné des encore plus beaux. Il y a une version glauque aussi où c’est son fiancé qui lui a arraché les yeux, après avoir essayé de la jeter dans un lupanar pour qu’elle soit violée puis tenté de la cramer car elle voulait rester vierge. Bref, la religion, des fois, ça n’a rien à envier à Game of thrones…

Une architecture composite
Donc la cathédrale Santa Agathe est sublime à l’extérieur, un peu plus conventionnelle à l’intérieur, dans un pur style gothique. A noter un pupitre assez fou sur lequel je ne trouve aucune information. Manifestement, ça n’intéresse que moi. Un très bel orgue, un reliquaire. La cathédrale a un léger côté patchwork qui s’explique par plusieurs tremblements de terre qui ont touché l’édifice et ont déclenché plusieurs salves de travaux de reconstruction. Mais c’est un lieu assez calme et agréable à visiter, je dis oui.




Avec vue sur l’Etna
Remontons maintenant la via Etnea, la rue de l’Etna qui est la rue la plus longue de la ville et qui offre un panorama sur l’Etna. Toujours couvert, décidément… Une constante chez nous les volcans coiffés. Nous visons le jardin de la Villa Bellini, un très beau jardin public avec vue imprenable sur l’Etna. Toujours couvert, oui, mais si vous voulez aller en Sicile, c’est intéressant. En chemin, on croise l’amphithéâtre romain, jugé littéralement au milieu de la ville. Et de la circulation. Oui, on a beau être en ZTL, ça circule.








La délicatesse d’un jardin
Nous voici donc au jardin de la villa Bellini avec son talus qui donne l’heure et la date. Oui. Un petit côté Alice au pays des merveilles assez charmant. Le jardin est aussi charmant que dans mes souvenirs avec ses volées de marche et son petit kiosque. Il me paraissait plus grand dans mon souvenir mais c’est souvent un de mes biais. Après un tour de ce parc et une petite pause glace, nous repartons un peu déambuler dans les rues de Catane.









Une saleté planquée
Et nous allons nous frotter à un problème assez récurrent en Sicile : la saleté. La saleté un peu planquée, néanmoins. C’est à dire que les grandes places sont plutôt nickel mais dès qu’on part dans les petites rues, on tombe régulièrement nez-à-nez avec une pile d’ordures. Ca, c’est vraiment un truc qui m’a marquée sur ce voyage car ça ne correspondait pas au souvenir que j’en avais : le nombre de sacs plastiques plus ou moins en lambeaux sur le bord de la route…



Comme un sentiment d’abandon
Les petites rues sont vite sombres. On a parfois du mal à croire qu’on est dans la même ville que la somptueuse piazza Duomo avec la cathédrale Sainte Agathe et la fontaine l’éléphant. Les oeuvres street art côtoient les tags plus dégueulasses, les endroits un peu sympas et fréquentés font vite place à des zones vides, limite abandonnées.





Un joyau mal entretenu
C’est ça Catane. C’est beau, mais. Aux belles rues bordées de palazzis s’adossent des rues un peu tristes, limite un peu flippantes. Juste avant de partir, j’ai pris une photo de la fontaine dell’Amenano qui me paraissait symptomatique de Catane : une beauté architecturale au milieu d’échafaudages avec des mecs qui s’en foutent.

Rien que pour le jardin…
Je n’avais pas particulièrement prévu de grande excursion à Catane pour ce séjour mais je ne regrette néanmoins pas le crochet. Ne serait-ce que pour la beauté du jardin de la villa Bellini. Ca aurait été encore mieux sans la couverture nuageuse sur l’Etna mais on ne peut pas tout avoir.










De toute façon, dès le lendemain, on allait en prendre plein les mirettes. A suivre !