J’ai repris le yoga

J’ai repris le yoga

Le yoga et moi, c’est une histoire en pointillé. J’en fais, je suis accro, j’arrête, j’oublie. Quelques stages parfois, des chouettes, des horribles. D’ailleurs, ce stage de l’enfer avait failli me faire arrêter définitivement mais j’ai réalisé que le souci, ce n’était pas moi mais la prof qui m’avait prise en grippe. Pas très yogi tout ça. Là, j’avais arrêté depuis deux ans, environ et j’ai repris ce lundi… et j’ai pas mal galéré.

Une femme pratique le yoga
(c) Dominik Wycislo

Pourquoi je vous parle de ça ? On s’en fout un peu, non ? Alors oui, tout à fait. Et en vérité, je vais pas tant vous parler de yoga que du fait de débuter une activité, sportive ou non, et le fait de se sentir un peu la pire élève du monde. Vous savez, ce sentiment que la petite dizaine de personnes qui s’agitent autour de vous gèrent de ouf alors que vous, vous n’êtes jamais appuyée sur la bonne jambe, que votre pied n’est pas placé comme il le faut et même que la prof vient vous reprendre. Et mon message va être clair : osef.

Pourquoi un cours collectif ?

D’abord, vous avez payé pour prendre un cours. Concernant pas mal d’activités, on peut effectivement se rendre dans un centre ou apprendre/pratiquer par soi-même. Je pourrais donc tout à fait être nulle chez moi en toute discrétion. Pourquoi donc ai-je choisi de payer ? Pas pour me faire humilier publiquement (modulo le stage de l’enfer cité plus haut mais je ne savais pas) mais pour progresser dans ma pratique. Si je sais déjà parfaitement faire les choses, je ne vois pas l’intérêt de payer pour qu’on me confirme dans ma perfection, par exemple. Je veux justement qu’on m’aide à mieux me placer et me dépasser. Sans jugement. Surtout que deux ans sans pratiquer, forcément, je suis un peu rouillée.

Je suis la moins douée

“Oui mais les autres, elles sont bonnes et moi, je galère”. Mais que sais-tu des autres, en fait ? Lundi, lors de mon cours, je me suis retrouvée par hasard au côté d’une meuf qui devait suivre ce cours depuis longtemps puisqu’elle connaissait toutes les positions, y compris celle nommée “OMG”. Alors je saiiiiis qu’on a tendance à beaucoup se comparer mais c’est un peu comme si je demandais à mon neveu, fraîchement arrivé en CE1, de faire un concours d’écriture avec moi. On n’en est pas tous au même point dans la vie et c’est pas grave. En comédie musicale, j’étais étonnée de voir tous ces gens chanter si bien mais plein avaient déjà pris des cours. Genre des cours de lyrique. Moi, j’ai juste fait de la chorale “défouloir” pendant un an et demi avec quasi zéro technique de chant, on n’est pas sur la même planète. Idem sur la danse. J’étais un peu honteuse à un moment l’an dernier car je me trouvais hyper larguée par rapport à d’autres. Sauf que moi, je ne faisais que le cours débutant, une heure par semaine, quand les autres faisaient au moins le double et depuis plus longtemps. Et puis, à y regarder de plus près, nulle n’était parfaite.

Mon corps n’est pas parfait

Ah et évidemment, surtout dans l’univers du yoga, l’ultime comparaison : “iels sont tous hyper minces et moi pas trop, je n’assume pas…”. Alors, ouais, j’avoue, on a parfois l’impression d’avoir un peu trop d’amplitude corporelle par rapport à toutes ces sylphides qui s’étirent à côté de nous… mais encore une fois, qu’est-ce que ça peut faire ? De un : les autres s’en foutent de votre cellulite, de votre bourrelet, de vos cuisses ou de n’importe quoi qui vous complexent. Et si elles focusent dessus… bah soit ce sont des connasses mais surtout, ce sont des personnes elles-mêmes complexées. Après, le regard d’inconnues sur nous, j’ai envie de dire… peu importe ?

Le secret : le lâcher prise ?

Alors je dis ça en mode relax, easy peasy… et je suis super hypocrite car je suis une angoissée. Je m’en fiche d’être la meilleure, je veux juste ne pas être la plus à la traîne. Typiquement, quand on partait en voyage plongée avec Anaïs, j’étais toujours rassurée de voir émerger le boulet (ou la boulette), la personne un peu étourdie, maladroite, qui est toujours à la traîne. Celle qui se rend compte une fois sur le bateau qu’elle a oublié un truc, celle qui perd un papier, celle que l’on attend toujours. Je pense que c’est toujours lié à mon éducation sur l’impératif de discrétion, ne pas se faire remarquer. Du coup, à chaque fois qu’un.e prof me reprend, j’ai presque honte et j’ai envie de disparaître. Alors que c’est son métier et c’est pour mon bien. Je ne prends pas non plus toute la place, j’ai le droit, aussi, à avoir un peu d’attention. 

La méditation dans le yoga
(c) Patrick Schneider

Bref quoi qu’il en soit, dans l’optique de mon body neutrality, je vais me concentrer sur les sensations, éventuellement les progrès sans me bloquer dessus. J’ai arrêté y a deux ans car je ne parvenais pas à faire le corbeau qui me terrorise et j’arrive pas à faire le pont non plus (j’arrive à me mettre sur la tête quand même) mais au fond, on s’en fout. Peut-être que je ne le ferai jamais. Mais en attendant, lundi, en sortant du cours… qu’est-ce que j’étais bien !

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