L’impératif de la productivité dans le coaching de vie ?

L’impératif de la productivité dans le coaching de vie ?

Bonne semaine à tous ! Moi j’attaque direct dans le dur sur mes histoire de coaching de vie. Parce que savoir ce qu’on veut faire, c’est bien, savoir ce qu’on ne veut pas, c’est pas mal aussi. Pour cerner un peu cet univers pas mal nébuleux, je mate un peu des vidéos et j’arrive très vite à saturation, notamment sur un sujet. La productivité. Ou comment j’ai l’impression que le coaching de vie, c’est te convaincre que chaque minute de ta vie éveillée doit servir à tes objectifs. Un maître mot : productivité

Améliorer sa productivité grâce au Bujo
(c) Estée Janssens

Rentabiliser sa vie

Ca fait quelques années que je tourne et vire autour de ces questions de développement personnel parce que je veux régler cette terrible équation de mes envies de double vie. Double vie comme marketeuse blasée le jour et scribouilleuse compulsive le reste du temps. Parce que j’ai toujours peur que faire de sa passion un métier, c’est l’abîmer. Et que j’ai sans doute pas les couilles de perdre mon petit confort mais c’est un autre sujet.  Bon, je voulais aussi résoudre mes problèmes d’énergie (dans le sens “arrêter de m’endormir après le dej, arrêter d’être molle, je parle pas de trucs mystiques) et me calmer sur la procrastination. J’avais tenté le miracle morning que je vais peut-être reprendre en janvier car j’y trouve un certain plaisir… mais je dois l’aménager à ma sauce.

un réveil en douceur avec un café
(c) David Mao

Je parle du miracle morning parce que c’est précisément là que j’ai commencé à froncer un peu les sourcils. Ce livre m’ayant été prêté par Amy suite à une conversation, je suis rentrée dedans candide. Je me disais qu’effectivement, me lever plus tôt me permettrait de vivre ma meilleure vie de yogi/blogueuse/écrivaine avant d’aller au taf. Dans ma première tentative, c’était à peu près ça sauf que je faisais la danse de Gym direct et que je retapais mon manuscrit du roman de Maja en écoutant le bruit de la pluie sur Youtube, enrobée dans les vapeurs des huiles essentielles. A 7h15, quand le réveil de mon doux sonnait, je me glissais dans le lit à ses côtés pour un câlin. C’était quasi parfait à deux nuances près : son chat qui n’arrêtait pas de miauler alors que j’essayais de ne surtout pas faire de bruit et la fatigue car je ne parvenais pas à me coucher à 23h pour un lever à 6h. 

Productivité vs sommeil

Mais normalement, le miracle morning, il faut faire les SAVERS, une série d’actions précises et minutées. Pour me motiver, je m’étais inscrite sur un groupe Facebook et ces gens m’ont vite fait peur. C’était la course à qui se levait le plus tôt et qui en faisait le plus. Alors ayant rejoint plein de groupes sur plein de sujets différents, cette constante de “regardez comme je fais bien”, je l’ai partout mais là… En réalité, je trouve discutable, voire un peu dangereux, de baser un coaching sur “dors moins”. Certaines personnes ont besoin de moins de sommeil, je dis pas mais il me semble que le bien-être passe par un corps reposé pour commencer… 

Le repos de la guerrière
(c) Kinga Cichewicz

Il fut une époque où je me sentais le devoir de rentabiliser la moindre minute de ma vie. Ecrire pendant les réunions de l’ennui (ça, c’est bien, ceci étant dit), écrire dans le métro, lire, lire, écrire. A un moment, je me demandais comment rentabiliser mes marches genre “hey, je vais marcher beaucoup et pendant ce temps là, je vais enregistrer des textes ou écouter des livres audios ou alors…” Stop, meuf, stop. Respire. Tu vas direct au burn out avec ces conneries…

Le burn out du bien-être

Car le danger est là. Quand j’ouvre Youtube, je vois des milliers d’injonction à être productif. Y a même une vidéo qui commençait par un pia pia de type “vous n’êtes pas comme les autres, vous avez décidé de prendre votre vie en main”. Alors je ne suis pas exceptionnelle parce que je regarde tes vidéos, calme-toi. Et ensuite, je hais les injonctions, surtout celles concernant la “productivité”, la “performance”. J’y vois trop un discours néo-libéral d’en faire toujours plus. Dans le miracle morning, je levais toujours les yeux au ciel quand je lisais Hal Elrod parler d’argent. Dans l’absolu, je ne suis pas opposée à gagner plus, j’ai même demandé une augmentation. Mais je n’en fais pas un objectif de vie, mes revenus me suffisent déjà. Mais bon, paraît que le développement personnel, c’est la réussite assurée et la réussite passe par l’argent. Vous pouvez bien arrêter de dormir pour plus de maille,  non ? En fait, j’ai l’impression que ça me pousse parfois un peu trop à sacrifier ma vie (ou mon sommeil) sur l’autel de cette sacro-sainte réussite.

Néon "work harder"
(c) Jordan Whitfield

Or, je ne crois pas que la réussite ne rime qu’avec argent. Qu’attends-je du développement personnel pour ma part ? Me sentir mieux dans ma vie, c’est à dire avoir la forme, la motivation, un certain optimisme. Pouvoir écrire tous les mots que j’ai dans la tête sur des blogs et dans des romans. Faire quelques vidéos, un peu de paper art, de perles hama… Avoir du temps pour mon mec et mes chats. Point. Je n’ai pas envie d’être stressée parce que j’ai pas eu le temps de faire mes dix minutes de méditation (je vous renvoie à cette interview d’Albert Moukheiber qui parle de burn out de gens à fond dans le bien-être qui doivent méditer à tout prix). Je n’ai pas envie de culpabiliser parce que j’ai joué à Luigi’s Mansion au lieu d’écrire (et ça, c’est un vrai combat, je vous jure), d’angoisser parce que j’ai une soirée et que ça me fait du temps perdu pour mes projets. 

Procrastination, non, ne jamais souffler non plus

Ca ne veut pas dire que je vais accepter ma procrastination ou mes heures perdues. Non. Cela veut juste dire que je dois aussi écouter mes besoins et si mon besoin, au moment T, c’est de me reposer, de jouer à un jeu plutôt qu’écrire (parce que se forcer à écrire même quand on est à plat, c’est surtout écrire de la merde). Cela veut dire que si je veux marcher en écoutant de la musique, ce n’est pas du temps perdu. Si je ressens le besoin de faire une sieste le samedi plutôt que d’écrire mes articles de la semaine, c’est ok aussi. Il faut que j’élimine les activités chronophages et inutiles qui me font potentiellement du mal (Twitter pour l’essentiel, l’actu) mais sans me transformer en bête de productivité pour autant. Parce que vivre et se détendre, c’est un chouette projet, aussi. 

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