Paraître heureux est-il un bon idéal ?

Paraître heureux est-il un bon idéal ?

Non, évidemment. La semaine dernière, j’ai découvert la vidéo de Caro de la Carologie sur le livre Happycratie que je dois lire à tout prix. Durant cette vidéo, elle a un propos qui m’a interpellé “avec les réseaux sociaux, on vit dans une tyrannie du bonheur, on doit avoir l’air heureux à tout prix”. Ah oui, tiens, pas con. Du coup, je m’interroge : est-ce que mettre en scène son bonheur nous rend-il heureux ? Ou précisément l’inverse ?

Paraître heureux
(c) Jonnelle Yankovich

Les réseaux sociaux rendent malheureux

J’ai toujours été un peu étonnée que l’on parle des réseaux sociaux comme une source de malheur. Oui, on se compare trop, ça crée des idéaux impossibles à atteindre. J’entends surtout cet argument par rapport aux fit girls et yoga girls. Alors j’en suis très peu et des fois, j’envie leur ventre tout plat mais… Très clairement, je vois bien le coût de tels corps et c’est juste pas mon histoire. Moi, je veux juste avoir la pêche. J’aurai jamais un six pack et c’est pas très grave. Si je veux assumer mon futur rôle de d’influenceuse girond(in)e, faut pas abuser du whey. Par contre, la déprime face à un idéal Instagram va être plus insidieux chez moi. C’est plus quand je vois des lieux parfaitement rangés, décorés avec goût, de magnifiques bullet journaux, des meufs toujours hyper bien habillées. Moi, j’ai zéro sens du rangement et du bon arrangement et ça, ça me rend parfois un peu envieuse. Mais après, est-ce que ça me rend malheureuse ? Bah non. 

Qu’est-ce que tu affiches sur les réseaux ?

Mais revenons à notre histoire de bonheur affiché en grand sur les réseaux sociaux. La grande question est : pourquoi je poste ça ? Ou pour qui, éventuellement. Si je prends mon cas, je poste des photos de mes voyages, parfois de quelques créations. Puis de mes playmos. J’ai un autre projet d’Insta plus littéraire mais va falloir que me bouge un peu plus pour que ça voie le jour. Donc quelque part, oui, je ne montre que mon bonheur. Je le fais pour deux raisons distinctes :

  • Sur les jolis paysages, c’est vraiment une volonté de montrer des choses jolies et, éventuellement, donner envie de découvrir tel ou tel endroit. Je suis une visuelle et je réagis fortement aux paysages qui peuvent très vite déclencher mon imagination. Donc j’ai la sensation, peut-être trompeuse, que je suis dans mon mood habituel “regarde, c’est joli”. Phrase que je prononce en moyenne 20 fois par jour quand on est en vacances avec Victor.
  • Sur mes réalisations de type PowerPoint Art, mon livre ou ma cuisine, là, j’avoue, je triche un peu. Pas tant sur le bonheur que je ressens mais sur le fait que j’assume parfaitement ce que je fais alors que je ne me sens jamais légitime.
Green ! de Nina Bartoldi
Celui, j’en suis pas mal fière, par contre

Paraître heureux nous empêche-t-il de voir notre malheur ?

Du coup, paraître heureux, c’est un bon ou un mauvais truc ? Je suis un peu partagée. A priori, je suis pas fan. Déjà parce que jouer une vie parfaite qui n’est pas la nôtre, je trouve ça compliqué comme démarche. Voire franchement masochiste. Et surtout, est-ce que ça ne risque pas de retarder une certaine prise de conscience que ça ne va pas ? Le craquage ne serai-t-il pas plus violent à partir du moment où l’on fait semblant que tout va bien ? Je ne dis pas forcément qu’il fait afficher sa peine ou son malheur, chacun est libre de faire ce qu’il veut. Surtout que ça n’attire pas que de la bienveillance, cf la vidéo de Coline qui parle d’une meuf qui poste une photo d’elle en larmes pour parler dépression et qui se fait bâcher. C’est fou toutes ses ordures qui traînent sur le net et veulent vraiment du mal aux gens, ça me dépassera toujours. Cependant, admettre un malheur, un point noir dans sa vie, n’est-ce pas le premier pas vers une atténuation du problème ? 

Un bonheur autoréalisateur

Mais je ne serais pas si absolue non plus car il y a un autre point qui n’est pas négligeable. Lors de mes séances d’hypnothérapie, j’ai vraiment réintégré la marche dans ma vie à ce moment-là. J’en parle à l’hypnothérapeuthe qui me dit “oui, c’est parce que vous savez ce qui vous fait du bien et vous faites ce qu’il faut pour vous rendre heureuse”. A partir de là, déroulons. Vous savez ce qui me rend heureuse, moi  Outre la marche, bien sûr. Ecrire, voir de jolies choses, faire du PPT art, des Legos, ce genre de choses. Et je le partage, oui. Mais du coup, il y a quelque part un effet de cercle vertueux : si je veux raconter mon bonheur sur les réseaux, je fais ces choses qui me rendent heureuse. 

Un temple en Lego

Se ménager du temps pour ce que l’on aime

Alors à mon échelle, c’est super réduit vu que j’ai rien à vendre avec mon image, mon pseudo. Sauf mon livre, on n’oublie pas, hihi. Ce que je le fais, je le fais d’abord pour moi. Par exemple, j’adore chanter ou lire, aussi, et j’en parle pas sur les réseaux, je vous colle pas des lives de moi. Mais se ménager du temps pour faire les choses qui nous rendent heureux et les partager sur les Internets parce que ça peut plaire aussi à d’autres personnes, ma foi. Le tout reste de ne pas se forcer inutilement. Si l’inspiration ou l’envie ne vient pas, inutile de se forcer pour poster du bonheur apparent sur les réseaux. L’obligation de vérité par rapport à ce que l’on ressent, on se la doit d’abord à nous. Et la vie n’est jamais rose 365 jours par an, même pour les backpackers ou les personnes qui ont un sens inné de la déco et du beau. Personne n’est heureux tout le temps et franchement, c’est pas grave. Le bonheur me paraît même une exception vs une routine qui n’est pas forcément malheureuse. 

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