Le plaisir sans enjeux ? Abandonne l’accomplissement

Le plaisir sans enjeux ? Abandonne l’accomplissement

Hello ! Alors, tant qu’on n’est pas encore reconfiné, vous en avez profité pour partir en vacances ? Moi, oui, j’ai fait un petit tour à St Malo et à Dinard puis chez mes parents, ça fait du bien. Mais je n’avais pas oublié dans mes bagages la to do list des vacances à base d’écrire, réécrire, retaper… Evidemment, j’ai rien fait, j’ai juste kiffé la vibe et c’était top. Parce que se forcer à toujours être performant, dans l’accomplissement, c’est juste passer à côté de l’essentiel : le plaisir. Et accessoirement, on finit part oublier de vivre.

Playmobil d'été

L’obsession du chiffre et de la to do

J’ai des ambitions et des objectifs chiffrés. Non, non, je ne parle pas de travail, vraiment pas. Je parle d’ambitions personnelles. J’ai des to do lists partout, tout le temps de tout ce que je voudrais faire. La cabane playmobil, des perles, du paper art, powerpoint art, créer des blogs un peu pro. Blabli blablou. Toujours les mêmes bails. J’ai même un fichier compte-mot pour l’écriture : 10 000 mots par semaine sur cinq romans. Avec des formules partout avec coloration des cellules. J’ai aussi mon journal d’accomplissement pour bien noter ce que j’ai fait. Et dit comme ça, c’est purement terrifiant sauf que…

Chill & kiff

J’ai lâché l’affaire. Ce que j’essaie depuis des années, j’y parviens enfin. Je ne fais plus tant les choses par obligation que par envie. Quand je parle obligation, comprenez que c’est moi qui essaie de m’imposer des trucs, le fameux “il faut”. Par exemple, dans les bonnes semaines, je publie 10 articles la semaine. La semaine dernière, j’en ai publié quatre. Je pourrais plaider que je suis un peu occupée en ce moment, postulant à tant d’annonces, ohlala. Mais en vrai, c’est parce que je glandais au bord de la piscine parentale et que j’avais pas envie d’écrire. J’en ai des choses à dire, pourtant. Mais y a des jours où je me dis que c’est cool de pas s’en préoccuper. Rien n’est grave, après tout.

Chill & kiff à la piscine
Par contre, je suis à fond sur mon compte playmo. Je m’éclaaaate

Ne rien faire sans but ?

Avec la notion d’accomplissement dans l’univers du développement personnel, il y a une sensation d’obligation, de résultats et une certaine rentabilité. Je grouille toujours d’envie et j’ai parfois une question quand je veux me lancer dans une activité : à quoi bon ? Qu’est-ce que ça va m’apporter ? Et la plupart du temps, rien d’utile. Par exemple, pendant longtemps, j’ai voulu apprendre le russe. Je ne l’ai jamais fait car je ne voyais pas le projet derrière. Alors en soit, ce “bloquage” n’est pas si stupide : apprendre une langue pour ne pas la parler, c’est pas anodin comme démarche. Après il reste quelques petits savoirs à attraper. Une langue, ce n’est pas juste une suite de mots à lâcher pour constituer une phrase. Il y a une histoire derrière les langues, une logique dans la grammaire. Et apprendre une langue, c’est en toucher du bout de doigt la culture par la masse de textes analysés, du roman à la chanson en passant par des scénettes souvent un peu nulles. Mais je n’ai pas franchi le pas car je ne voyais pas le but.

Pour le plaisir

Et si le but était juste le plaisir. Comme le sport déjà scruté. On s’en fout de la performance, on s’en fout de la régularité. On fait les choses quand on en ressent l’envie, le plaisir. J’ai envie d’écrire, j’écris. J’ai pas envie, tant pis. Parce que je suis pas certaine d’avoir envie d’aller au bout de l’aventure éditoriale, je sais pas. J’explorerai ce sujet par ailleurs, un jour. Doit y avoir un truc un peu psy là-dessous. Est-ce qu’il ne serait pas possible d’imaginer qu’on fasse les choses gratuitement ? Le développement personnel ne semble pas aimer qu’on prenne du temps pour notre seul plaisir. Pour s’amuser, se divertir, se reposer. A croire qu’il faut culpabiliser en permanence de ne rien faire d’utile, de ne pas être dans une sorte de souffrance épanouissante. Mais ouais, dire que t’as le droit de jouer à candy crush si ton cerveau a tellement chauffé que t’as de la fumée qui te sort des oreilles, c’est pas tolérable. C’est pas healthy mind ou je ne sais quoi. Et surtout, on se rend bien compte qu’en racontant ça, on perd le sens de nos vies. A savoir sacrifier du temps de vie privée, de sommeil, de repos, de chill, pour rentabiliser nos vies de merde.

Je ne veux pas courir tout le temps

Alors que, franchement, on a le droit de ne pas chercher à faire de nos vies des success stories et de juste profiter du moment présent. Tant pis si j’écris pas, si je fais pas mon sport… Si ma vie doit se résumer une course à tout, perso, ça m’intéresse pas.  

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